La semaine passée, nous avons amorcé une série d’investigation sur le café, une matière qui suscite beaucoup d’intérêt au fur et à mesure au Burkina et même en Afrique de l’ouest. Ce qui nous a amené à nous interroger dès les premiers instants sur la qualité de ce qui est proposé dans la tasse du consommateur. Et nous avons souligné que malgré les efforts des autorités compétentes, beaucoup reste à faire afin de garantir la santé des consommateurs.
Aujourd’hui pour la suite, intéressons-nous au café vert , précisément la législation qui encadre son importation. Après avoir menées des investigations sur cette matière première auprès de plusieurs nationaux qui l’importent ,il convient de porter une attention particulière sur les initiatives locales qui émergent sur le territoire Burkinabè. Que dit la loi en la matière ? Il convient de souligner qu’au Burkina Faso, il n’existe pas une « loi spécifique et unique » qui serait exclusivement dédiée au café vert. La gestion, l’importation et la commercialisation de ce produit reposent plutôt sur un ensemble de lois et de réglementations économiques et douanières générales applicables aux denrées alimentaires et au commerce extérieur. Pour être plus précis, la régulation du café et de son importation s’inscrit dans un cadre juridique global à la croisée du Code des douanes (régie par la loi n°003-2025/ALT), des textes sur le commerce extérieur et des mesures de contrôle de la qualité ou de taxation des produits de consommation.
Au regard de ce qui précède, on peut prétendre que le cadre juridique et réglementaire qui régit l’importation du café vert souffre d’un anachronisme certain face aux ambitions de la jeunesse entrepreneuriale et aux exigences du marché moderne. Les conditions actuelles rendent difficile la tâche aux entrepreneurs qui peinent à pénétrer le marché et être compétitifs sur le marché international. Il est donc primordial de revoir sinon même relire, et adapter les textes pour accompagner les initiatives locales, gage de souveraineté économique également dans un secteur à fort potentiel.
Ce qui a le plus attiré notre attention dans cette investigation, c’est la détermination manifestée par des entrepreneurs nationaux, des torréfacteurs passionnés et des acteurs économiques dans ce secteur malgré les difficultés. Nous sommes même sur les traces d’une entreprise locale qui existe depuis 2020 et qui torréfie et emballe le café sur place au Burkina. Elle ne se contente plus d’importer, elle la valorise, la promeut et refuse la fatalité du café de piètre qualité. Nous y reviendrons avec des précisions.
De ce qui ressort chez les entrepreneurs locaux de la filière, la volonté seule ne suffit pas, il faut un accompagnement des acteurs de la filière. Il faut impérativement alléger les procédures administratives, sinon même voter une loi spécifique au café vert et son importation. C’est en cela que les consommateurs pourront avoir dans leurs tasses un café de spécialité fraîchement torréfié et emballé sur place au Burkina comme le souhaite la plus haute autorité. C’était d’ailleurs le thème de la deuxième phase des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).
Les autorités peuvent même aller plus loin dans l’accompagnement en accordant des facilités substantielles, notamment au niveau de la douane. L’accompagnement peut concerner par exemple l’allègement des taxes sur les équipements de torréfaction, la simplification des procédures de dédouanement pour le café vert de spécialité, ou encore un accompagnement douanier préférentiel.
Pour cette partie de notre investigation Voici ce qui ressort : Importer du café vert de qualité supérieure ne doit plus relever d’un parcours du combattant pour des entrepreneurs locaux qui ont la volonté mais qui manquent parfois de leviers logistiques et financiers adaptés. En soutenant ceux qui s’engagent à offrir du café de spécialité au consommateur burkinabé, c’est toute une économie locale de la transformation que nous valorisons et par la même occasion préservons la santé des consommateurs. L’investigation continue…
Pascal KOAMA, journaliste éditorialiste











