Le Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a tenu sa 21e Assemblée générale ordinaire ce vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le gouverneur de la région du Kadiogo, représentant le ministre en charge de la Sécurité, Mahamadou SANA.
Le phénomène de la drogue constitue aujourd’hui une menace transversale qui affecte profondément les sociétés. Au-delà des conséquences sanitaires et sociales qu’il engendre, il représente également un défi sécuritaire et économique majeur.
Face à cette situation préoccupante, les acteurs engagés dans la lutte contre la drogue se sont réunis afin de faire le bilan des activités menées au cours de l’année écoulée et d’examiner les perspectives pour la période 2026-2030.
Selon le secrétaire permanent du CNLD, le Commissaire divisionnaire de police Boukary TRAORÉ, plus de 13 tonnes de drogue ont été saisies en 2025.

Poursuivant son intervention, le SP/CNLD a indiqué que d’importantes actions de prévention et de sensibilisation ont également été conduites durant l’année écoulée. « Plus de 400 personnes ont été sensibilisées et plus de 500 personnes ont bénéficié d’un accompagnement sanitaire et psychosocial », a-t-il affirmé. Il a également précisé que plusieurs passages dans les médias ont contribué à renforcer la campagne de sensibilisation.
Boukary TRAORÉ a notamment cité l’unité d’addictologie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo ainsi que le nouveau centre de psychiatrie mis en place au sein de l’armée pour accompagner les personnes affectées. Selon lui, ces initiatives traduisent la volonté des autorités de renforcer progressivement la lutte contre le phénomène.

Pour le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye BASSINGA, représentant le ministre de la Sécurité, cette session ordinaire revêt un caractère particulier. Elle permettra non seulement d’examiner le bilan des activités réalisées au cours de l’année écoulée, mais aussi d’adopter le tout premier plan de travail annuel de mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue.
Selon lui, cette stratégie vise à faire du Burkina Faso « un pays capable de contrôler efficacement le trafic de drogue afin de garantir un environnement sain, sécurisé et propice au développement durable ».
Il a poursuivi en indiquant que la Stratégie nationale de lutte contre la drogue s’articule autour de quatre axes majeurs. Il s’agit de l’amélioration de la prise en charge médico-psychosociale et de la réinsertion socioéconomique des personnes affectées, du renforcement des actions de prévention et de sensibilisation, de l’intensification de la lutte contre l’offre et la demande de drogues ainsi que de l’amélioration de la gouvernance, de la coordination et du financement du dispositif national de lutte contre la drogue.
Abdoulaye BASSINGA a également salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité ainsi que celui des différents acteurs impliqués dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, malgré un contexte sécuritaire difficile.
Le représentant du ministre de la Sécurité a par ailleurs rappelé que la lutte contre la drogue ne peut être l’affaire des seules structures spécialisées.
Pour lui, « chaque citoyen, chaque famille, chaque communauté et chaque institution doivent contribuer à renforcer les mécanismes de prévention communautaire, promouvoir les valeurs de civisme et protéger la jeunesse contre les dangers liés à la consommation de stupéfiants ».
De son côté, le Commissaire divisionnaire de police Emmanuel ZONGO, directeur de cabinet du ministère de la Sécurité, a qualifié la drogue de « pandémie très complexe » aux conséquences socioéconomiques désastreuses touchant toutes les couches sociales.
Il a rappelé que le Burkina Faso s’est doté d’une Stratégie nationale de lutte contre la drogue pour la période 2026-2030 et que l’année 2026 constitue une étape décisive dans sa mise en œuvre.
À travers cette 21e Assemblée générale ordinaire, les acteurs de la lutte contre la drogue entendent renforcer la coordination des actions afin de mieux faire face à un phénomène en constante progression au Burkina Faso. Les autorités espèrent ainsi réduire l’impact du trafic et de la consommation de drogue grâce à la mise en œuvre de la Stratégie nationale 2026-2030.











