À quelques jours de l’audience prévue le 10 juin 2026 dans le différend qui les oppose à leur employeur, les employés de Burkina Info ont tenu à se faire entendre au cours d’une déclaration ténue à ouagadougou ce lundi 08 juin 2026 Selon les travailleurs, les difficultés ont commencé à la fin de l’année 2025 avec l’accumulation de plusieurs mois d’arriérés de salaires et d’autres avantages non versés.« Nous avons voulu informer l’opinion publique, les autorités compétentes et nos partenaires sur une situation sociale et professionnelle qui perdure depuis décembre 2025 », a déclaré Fidèle Kaboré lors de la lecture de la déclaration.Des salaires impayés à l’origine du conflitSelon les explications fournies par les employés, une délégation a rencontré la responsable des ressources humaines le 18 décembre 2025 afin de lui faire part des difficultés auxquelles faisait face le personnel.Les travailleurs réclamaient notamment le paiement d’un mois et demi de salaires en retard, le versement de dotations de carburant destinées aux journalistes reporters d’images ainsi que le règlement de dotations vestimentaires dues aux présentateurs.Face à l’absence de réponse concrète, plusieurs employés affirment s’être retrouvés dans l’impossibilité de poursuivre normalement leurs activités.
« Notre absence n’est ni un mouvement d’humeur ni une grève, mais une incapacité objective d’aller travailler découlant de la faute de l’employeur », a rappelé Fidèle KABORE en citant un courrier adressé à la direction à la fin du mois de décembre 2025.
Des discussions sans issue
Le 26 décembre 2025, une rencontre réunissant la direction, les chefs de service et les employés est organisée afin de trouver une solution au différend.
Selon les travailleurs, cette rencontre n’a pas permis de déboucher sur des engagements précis.Dans la déclaration, Fidèle Kaboré rapporte notamment des propos attribués au directeur général : « Je ne vais prendre aucun engagement ici » avant d’ajouter que ceux qui estimaient avoir de meilleures opportunités ailleurs pouvaient quitter l’entreprise.Les employés disent avoir ensuite multiplié les démarches administratives afin de trouver une issue à la crise.
L’intervention de l’Inspection du travail
Le 29 décembre 2025, le dossier est porté devant l’Inspection du travail. Une première séance de conciliation se tient le 9 janvier 2026.
Après plusieurs reports et relances, une nouvelle audience est organisée le 6 février 2026. La direction propose alors un paiement progressif des arriérés sur plusieurs mois.
Les travailleurs expliquent avoir formulé une contre-proposition prévoyant le règlement d’un mois et demi de salaire avant le 10 février 2026 puis le paiement du reliquat à la fin du même mois, avec une reprise immédiate du travail dès réception des fonds.

Selon leur version, un accord verbal aurait été trouvé avant d’être consigné dans un procès-verbal de conciliation.Mais les salariés affirment que les engagements pris n’ont finalement pas été respectés.
« À l’échéance du 28 février, aucun centime n’a été versé », a regretté Fidèle KABORE.
Du dialogue social à la procédure judiciaire
Face à cette situation, les travailleurs ont mandaté un cabinet d’huissiers afin de faire exécuter le procès-verbal de conciliation.
Un commandement de payer portant sur plus de 11 millions de francs CFA aurait ainsi été adressé à l’entreprise au début du mois de mars 2026.
Parallèlement, les employés disent avoir constaté des travaux de rénovation et un déménagement de la télévision vers un nouveau site.
« Les travailleurs se sont interrogés sur ces investissements alors que leurs salaires restaient impayés », a indiqué le porte-parole.
La procédure judiciaire a ensuite conduit à des opérations de saisie portant sur certains biens de l’entreprise, selon les travailleurs.
Une nouvelle étape devant la justice
L’affaire connaît désormais un nouveau développement. Les employés ont indiqué que la direction de Burkina Info a saisi le Tribunal de grande instance Ouaga II afin de contester la procédure de saisie-vente engagée.
Une audience est prévue le 10 juin 2026.
Malgré cette nouvelle bataille judiciaire, les salariés se disent confiants.
« Nous n’y allons pas comme coupables, mais comme des pères et des mères de famille privés de leur droit le plus élémentaire : le salaire », a déclaré Fidèle Kaboré.

Les travailleurs ont également exprimé leur confiance envers l’Inspection du travail, les juridictions compétentes, le ministère de la Communication, le Conseil supérieur de la communication ainsi que l’ensemble des institutions appelées à intervenir dans ce dossier.
En attendant l’audience du 10 juin, les employés de Burkina Info affirment rester mobilisés dans l’espoir d’obtenir le paiement de leurs créances et une issue définitive à un conflit qui dure depuis près de six mois










