Sidkeita a fait un constat depuis un certain bout de temps dans plusieurs entreprises. Des voix s’élèvent de plus en plus sur les médias et les réseaux sociaux pour tirer la sonnette d’alarme. Il s’agit du non-paiement de salaire des employés et le non-respect des droits de ces derniers.
Sidkeita est tenté de dire qu’on oublie trop souvent cet aspect dans le jargon feutré des conseils d’administration, mais il convient de le marteler avec force : une entreprise n’est rien sans ses employés. Qu’il s’agisse d’une multinationale ou d’une PME locale peu importe la taille de l’entreprise, ce ne sont ni les murs, ni les machines, ni même les comptes bancaires qui créent la richesse. Ce sont en grande partie les hommes et les femmes qui, chaque matin, donnent de leur temps, de leur énergie et de leur intelligence pour faire tourner la machine. Les travailleurs ne sont pas une simple variable d’ajustement sur un bilan comptable ; ils sont l’ADN, le cœur battant et la condition sine qua non de l’existence même de toute entité économique.
Pourtant, le constat sur le terrain est parfois d’une amertume révoltante. Comment tolérer que certains employeurs fassent preuve d’une mauvaise volonté manifeste lorsqu’il s’agit de s’acquitter de leur obligation la plus élémentaire : payer les salaires ?
Pourtant, le salaire n’est ni une aumône, ni une faveur accordée du bout des doigts ; c’est un droit sacré, la juste contrepartie d’un effort fourni.
Malheureusement, une catégorie de patrons (j’espère même que c’est une minorité) semble prendre un malin plaisir à retenir les émoluments, à accumuler les impayés et à bloquer systématiquement les avantages légitimes de leurs collaborateurs. Portés par un égoïsme entrepreneurial aveugle, ces dirigeants ne pensent qu’à leur propre profit, s’enrichissant sur le dos d’une main-d’œuvre asphyxiée, tout en exigeant d’elle un rendement maximal. Travailler dans de telles conditions, c’est de l’asservissement moderne. Un employeur digne de ce nom doit non seulement payer à terme échu, mais aussi garantir des conditions de travail décentes pour que ses équipes puissent s’épanouir et performer. Quand bien même des secteurs tournent au ralenti ces temps-ci, une très bonne communication doit régner entre l’employeur et l’employé afin de favoriser un bon cadre de travail.
Face à ces dérives qui brisent des vies de familles et fragilisent le tissu social, il est temps que l’État se penche davantage sur la question. Il est encore temps que les autorités burkinabè, en premier lieu le ministère en charge du Travail et l’Inspection du travail, ouvre l’œil, et le bon. Il est urgent de traquer et de sanctionner avec la dernière rigueur ces entreprises qui briment impunément les droits des travailleurs. Le laxisme n’a plus sa place.
Ce qui réjouit Sidkeita est que de l’espoir brille néanmoins à l’horizon. Le monde du travail retient son souffle face au chantier de la relecture du Code du travail au Burkina Faso. Les employés osent espérer que ce nouveau texte texturera un cadre plus protecteur, plus juste et plus contraignant pour les employeurs indélicats. La prospérité de notre pays ne se fera pas au détriment de ses travailleurs, mais avec eux, dans la dignité et le respect de leurs droits.











