Le ministère en charge de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a effectué, mardi 21 avril 2026, une sortie de terrain sur les principaux barrages de Ouagadougou ainsi que sur les sites destinés à la relocalisation des maraîchers. Cette mission s’inscrit dans le cadre du lancement imminent des opérations de curage, prévues pour restaurer ces infrastructures hydrauliques stratégiques.
L’objectif de cette visite était double : constater le niveau d’envasement et d’ensablement des barrages de Boulmiougou ainsi que des barrages n°1, 2 et 3, et évaluer l’état d’avancement des travaux d’aménagement des sites de relocalisation. Les maraîchers installés sur les berges ont été invités à libérer les lieux au plus tard le 25 avril 2026 afin de permettre le démarrage effectif des travaux.
Sur le terrain, notamment aux abords du barrage n°2, la délégation ministérielle a pu mesurer l’ampleur de la dégradation. Jadis dotés d’une capacité d’environ 15 millions de mètres cubes, les barrages de Ouagadougou font aujourd’hui face à une pression anthropique croissante. L’exploitation agricole anarchique des cuvettes, les dépôts incontrôlés de déchets et l’accumulation progressive de sédiments ont considérablement réduit leur capacité de stockage.
Les conséquences de cette dégradation sont multiples : diminution significative des réserves en eau, altération de sa qualité et augmentation du risque d’inondations pour les populations riveraines, notamment en période de fortes pluies.

Face à cette situation préoccupante, les autorités ont prévu, en parallèle du curage, un important volet social destiné à accompagner les exploitants affectés. Une ferme agricole moderne a déjà été aménagée à Tanghin sur une superficie d’un hectare. Ce site est équipé d’infrastructures modernes, dont un forage de 90 mètres de profondeur avec un débit de 7 m³ par heure, un système de pompage hybride, une installation solaire d’une capacité de 3 kWc ainsi qu’un château d’eau de 10 m³.
Par ailleurs, la prospection de nouveaux sites se poursuit dans des zones telles que Sondogo, Tampouy et Toukin, avec l’ambition de mobiliser au moins 50 hectares. L’objectif est de garantir une réinstallation durable des maraîchers, soutenue à terme par des forages à gros débit et des aménagements structurants.
Sur le plan technique, l’opération de curage vise à augmenter de 600 000 mètres cubes la capacité de stockage des barrages d’ici 2026. Les travaux porteront sur l’extraction des sédiments et des déchets solides, sur des épaisseurs variantes entre 0,5 et 1,5 mètre. Leur exécution a été confiée à des structures nationales spécialisées, notamment l’Office national des barrages et des aménagements hydrauliques et la Société nationale des travaux d’aménagement des terres.
Les impacts attendus de cette opération sont significatifs : restauration de la capacité de stockage des barrages, réduction des risques d’inondation, amélioration de l’accès à l’eau potable, amélioration de la qualité des ressources hydriques et préservation de la biodiversité aquatique.
À travers cette initiative, les autorités burkinabè entendent concilier impératifs environnementaux et préoccupations sociales, en posant les bases d’une gestion plus durable et plus résiliente des ressources en eau dans la capitale.











