C’est un geste qui restera gravé dans les mémoires. En route vers Bobo-Dioulasso pour la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, le Chef de l’État burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, a marqué une halte inattendue le 22 avril 2026 au Centre pénitentiaire agricole de Baporo (CPAB), situé dans la province du Sanguié. Une visite que l’administration pénitentiaire qualifie d’acte rarissime, non seulement au Burkina Faso, mais à l’échelle du continent et au-delà.
Fondé en 1986 sous Thomas Sankara, le CPAB est un établissement pénitentiaire à ciel ouvert où les détenus s’adonnent à des activités agricoles et pastorales. Dès son arrivée, le Chef de l’État a été accueilli par la vue d’un champ de maïs de 40 hectares cultivé par les pensionnaires en pleine saison sèche un symbole fort de ce que peut produire une prison tournée vers la réinsertion.
Face à cette réalité, le Capitaine Traoré a livré sa conception d’un système carcéral ancré dans les valeurs africaines. « La prison doit être humaine. Nous sommes une société africaine et en Afrique, le respect de l’Homme nous est intimement lié. Peu importe la situation dans laquelle se trouve un homme, il faut qu’il ait un minimum de respect », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs annoncé la volonté de réduire le nombre de prisons pour les concentrer dans des zones de production, à l’image de Baporo.
Cette vision prend déjà forme avec la construction d’un bâtiment R+1 d’une capacité de 500 places, dont le coût avoisine les 500 millions de francs CFA. Le ministre de la Justice, Rodrigue Edasso Bayala, a précisé que cette infrastructure a été conçue pour préserver la dignité des détenus tout en améliorant leurs conditions de vie et leur rendement au quotidien.

Les détenus eux-mêmes ont salué cette visite et les réformes engagées, notamment l’introduction des peines de Travaux d’intérêt général, qui leur permettent de travailler, de se former et de voir leur peine allégée. En 2025, le centre a produit 240 tonnes de denrées agricoles. Pour 2026, l’ambition est de porter les superficies emblavées à plus de 300 hectares, pour une production attendue de près de 782 tonnes.












