Le rendez-vous avec l’Histoire a fini par être honoré. En annonçant officiellement la rupture des relations diplomatiques avec la France lors d’une édition spéciale sur la RTB le 26 juin 2026, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a posé un acte historique. Pour sidkeita qui aime la vérité, ce n’est pas une simple décision administrative, c’est un séisme géopolitique.
Pour le Burkina Faso, ce choix courageux résonne comme le cri d’une nation qui refuse désormais de plier. Est-ce une rupture de plus, ou la proclamation définitive et claire de sa souveraineté ? Pour le comprendre, il faut regarder d’où nous venons pour mesurer la distance que nous venons de franchir.
Un cordon ombilical tressé dans l’ombre de la colonisation
Pour saisir la portée de cette rupture, il faut remonter aux origines de ce compagnonnage forcé. Les relations diplomatiques entre la France et l’ancienne Haute-Volta sont nées dans les cendres du système colonial, au moment de l’indépendance de 1960. À cette époque, la liberté octroyée n’était qu’un trompe-l’œil. En lieu et place d’une véritable émancipation, un cordon ombilical invisible mais puissant a été tressé : accords de coopération militaire asymétriques, mainmise économique, et tutorat politique.
Pendant des décennies, Ouagadougou est restée dans l’orbite de Paris, subissant une diplomatie de subordination où les décisions stratégiques semblaient parfois se dicter depuis l’Élysée plutôt que depuis le cœur de l’Afrique. Cette relation, profondément déséquilibrée, portait en elle les germes de sa propre fin.
La transition TRAORÉ : Les signes avant-coureurs d’un divorce inévitable
Quand on veut bien voir, ce dénouement n’est pourtant pas une surprise. Depuis l’avènement du camarade Capitaine Ibrahim TRAORE à la tête de l’État, les signaux d’alerte se sont multipliés, annonçant une tempête que Paris n’a pas su, ou pas voulu, voir venir.
Sous la direction du camarade Capitaine Traoré, le Burkina Faso a entrepris une profonde mue patriotique. Le ton a changé, devenant direct, exigeant et sans concession. Les signes avant-coureurs étaient partout :
- Le départ exigé et obtenu des forces spéciales françaises (l’opération Sabre),
- La suspension de médias d’influence français accusés de propager des récits biaisés,
- La dénonciation systématique des accords de défense obsolètes,
- Le pivot stratégique vers de nouveaux partenaires internationaux choisis souverainement.
Chaque décision prise par le gouvernement de transition ces dernières années était une pierre posée sur le chemin de l’indépendance réelle. La rupture annoncée sur les antennes de la télévision nationale n’est que la conclusion logique de cette montée en puissance du patriotisme burkinabè.
Le point de départ d’un Burkina libre : Briser les chaînes du néo-colonialisme
Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre. Cette rupture diplomatique doit être célébrée pour ce qu’elle est : le point de départ d’un Burkina Faso radicalement libre. En osant dire « non » à l’ancienne puissance coloniale, le pays des hommes intègres brise les chaînes invisibles du néo-colonialisme et rejette les scories d’un esclavage moderne, qu’il soit économique, culturel ou militaire.
Proclamer sa souveraineté ne signifie pas s’isoler du monde, mais choisir ses amis à hauteur d’homme, dans le respect mutuel et la stricte égalité juridique entre les États. C’est le refus d’être l’arrière-cour de quiconque.
Cependant, il est important de souligner que le chemin qui s’ouvre au Burkina sera exigeant, car la liberté a un prix : celui de la responsabilité totale de son propre destin, de la sécurité de son territoire par ses propres forces, et du développement de son économie par son propre génie. Mais le peuple burkinabè, debout et uni derrière sa vision, a prouvé qu’il préférait la dignité dans l’effort à la sécurité illusoire dans la soumission.
En coupant les amarres avec les réseaux de la Françafrique, le Burkina Faso ne fait pas que tourner une page d’histoire. Il écrit son propre avenir, en lettres d’or, face au monde entier.
Pascal KOAMA (éditorialiste )











