Aujourd’hui j’aimerai bien aborder un sujet très important. Le « consommer local » Depuis quelques années on entend ce slogan un peu partout sur les lèvres de plusieurs burkinabè. Mais en vrai qu’est ce qui est fait pour que ça quitte le slogan pour devenir une réalité ? quelle est la part contributive de chaque acteur dans ce pacte de souveraineté ? On reconnait tous que le Burkina bouge. Pourtant derrière l’image d’une économie résiliente se cache une réalité vibrante : celle de nos entrepreneurs qui transforment nos terres en richesses, des entrepreneurs qui se lancent bien souvent dans des aventures incertaines juste pour valoriser ce que nous produisons.
Du champ à la tasse, de la graine au produit fini, Du tissus aux tenues vestimentaires, le génie burkinabè s’exprime avec une audace renouvelée.
L’exemple de la réussite : Le cas Tropic Café
Il suffit de regarder des initiatives comme Tropic Café pour comprendre que la qualité n’a plus de frontières. En osant la transformation du café sur place, cette entreprise prouve que nous ne sommes pas condamnés à n’être que des exportateurs de matières premières. Elle est d’ailleurs la seule à offrir du café arabica de spécialité dans la sous-région faisant ainsi du Burkina un centre de spécialité de café.
Comme Tropic Café, des centaines d’unités de transformation de mangues, de céréales locales ou de produits forestiers non ligneux voient le jour. Ces acteurs ne font pas que du commerce ; ils créent de la valeur ajoutée, génèrent des emplois et redonnent au « Made in Burkina » ses lettres de noblesse.
Le défi de la cohérence : De l’intention à l’action politique
Pourtant, la volonté de ces pionniers se heurte encore à un plafond de verre. Le « Consommons local » ne doit plus être un simple refrain de discours officiels ou une étiquette de circonstance lors des foires, rencontres administratives, conférences, séminaires nationaux et internationaux… C’est une bataille qui se gagne sur le terrain de la compétitivité. Les autorités ont une responsabilité historique : celle de passer de l’incitation à l’action concrète. Le 15 octobre dernier, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Gnaniodem Serge Poda, lançait officiellement, la VIe édition du « mois d’octobre, mois du « consommer local » sur le thème « consommer local, facteur de développement des chaines de valeur régionales compétitives de l’UEMOA ».
Cette initiative vient donc à point nommé pour valoriser le travail de nos braves artisans et de ces jeunes entreprises qui évoluent dans ce domaine.
L’autorité doit continuer d’agir
La volonté seule ne suffit pas, il faut un accompagnement sur tous les plans pour y arriver. Et pour cela, cela implique Un soutien massif à l’industrialisation pour réduire les coûts de production, une protection intelligente de nos marchés face à une concurrence étrangère souvent déloyale, une facilitation de l’accès aux financements pour ceux qui prennent le risque de transformer sur place.
Malheureusement le constat est amer
Malgré nos talents, une partie de la population garde les yeux rivés sur l’importation, associant souvent, à tort, le prestige à ce qui vient d’ailleurs. Ce complexe d’infériorité commerciale est le frein principal qu’il nous faut lever.
Pour rester toujours dans nos cas exemple comme celui de Tropic café, beaucoup d’institutions préfèrent consommer le café venant d’ailleurs au détriment de ce qui est transformer sur place. On peut même aller plus loin, dans les commandes de l’Etat, est ce que cette entreprise à une place ? si tel était le cas, il lui serait même difficile de satisfaire la demande mais ayiwa, ça tâtonne seulement parce qu’ils n’ont pas de moyen pour étendre l’activité sur tous les quatre points du Burkina. Plusieurs entreprises locales vivent la même situation et si rien n’est fait, elles vont tout simplement disparaitre.
La responsabilité de Tous est engagée
Contrairement à ce que beaucoup disent ou pensent, promouvoir nos produits n’est pas l’affaire d’un ministère ou d’un groupe d’entrepreneurs isolés. C’est un contrat social où chaque couche de la société doit « mettre la main à la pâte »
C’est vrai, L’État doit montrer l’exemple dans la commande publique (tenues, pause-café, mobilier) mais les entreprises privées doivent en faire autant et les commerçants doivent offrir une vitrine de choix à nos produits locaux plutôt que de les reléguer au second plan.
Quant au citoyen lamda pour finir, il doit comprendre que chaque franc dépensé dans un produit burkinabè est un investissement pour l’éducation de nos enfants et la sécurité de notre pays.
Consommer local, c’est choisir de nourrir l’économie qui nous nourrit en retour. C’est transformer notre patriotisme en acte d’achat. Il est temps que notre fierté nationale se lise, enfin, dans nos assiettes et dans nos tasses.











