Depuis deux jours, je lis et relis les dispositions régies dans le nouveau projet de loi sur les libertés religieuses. Les détails apportés par le camarade ministre de l’administration territoriale sont venus me réjouir encore.
En effet, l’Assemblée législative du peuple a franchi un cap historique ce 20 juin 2026 en adoptant le nouveau projet de loi sur les libertés religieuses. Dans un contexte où la préservation de l’ordre public et le renforcement du tissu social sont des impératifs absolus, cette initiative législative est, à bien des égards, la bienvenue. Loin d’être une restriction des consciences, ce texte vient combler un vide juridique et offrir un cadre protecteur à ce que le Burkina tente de préserver depuis des décennies : la paix et le vivre-ensemble.
Face aux dérives potentielles et aux risques d’instrumentalisation de la foi, l’État burkinabè prend ses responsabilités. Il faut qu’on l’admette, l’encadrement du financement, l’interdiction du prosélytisme par les agents publics dans l’exercice de leurs fonctions, ou encore la répression sévère des discours de haine – passibles de 5 à 7 ans de prison, ne sont pas des freins à la dévotion. Au contraire, ce sont des remparts essentiels pour protéger les croyants et assainir l’espace public. Cette loi adoptée par les députés du peuple doit trouver aisément sa place et porter pleinement ses fruits, et pour y arriver, il est indispensable que toutes les religions s’approprient et respectent ses principes.
Qu’il s’agisse de l’affiliation obligatoire à une faîtière reconnue ou de la transparence financière auprès de la Banque des dépôts du Trésor, ces règles s’imposent à tous, sans distinction. Cette uniformité fait la force du texte : elle garantit qu’aucune communauté ne soit stigmatisée, mais que toutes soient logées à la même enseigne de la transparence et de la responsabilité. Respecter cette loi est un acte salutaire. C’est la preuve par les actes que la foi religieuse sait s’harmoniser avec les exigences de la citoyenneté et du respect d’autrui.
Cependant, l’adoption d’un texte, aussi parfait soit-il, ne suffit pas. Pour l’avenir, l’État doit impérativement garder un regard vigilant et constant sur le respect strict de cette loi.
À travers le nouvel organe national de contrôle, les autorités publiques ont désormais le devoir de veiller au grain, de suivre, de former et de certifier. L’État ne doit pas faiblir dans l’application des sanctions en cas de dérapage, tout comme il doit intervenir avec discernement dans les lieux de culte uniquement lorsque la sécurité nationale ou l’ordre public sont menacés.
Ce contrôle rigoureux et bienveillant de la puissance publique est le gage absolu de notre cohésion sociale et de notre vivre-ensemble. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que le Burkina Faso restera une terre de tolérance, où la diversité des croyances demeure une richesse collective et non un facteur de division.
Sidkieta (Pascal KOAMA)











