Décidément à quand l’éveil de conscience des jeunes ? Il y a quelques jours, la Police Nationale a mis fin aux activités d’un groupe de mineurs dans l’arrondissement 6 de Ouagadougou. Malgré les efforts de sensibilisation, des jeunes continuent de s’adonner à ce genre de pratique : une villa louée à l’insu des regards indiscrets, transformée pour l’occasion en un lieu de débauche et d’actes de dépravation. Cette énième interpellation par les forces de l’ordre vient une fois de plus soulevé le voile sur une réalité locale que beaucoup feignent encore d’ignorer.
Cela fait des années que la gangrène s’installe, malgré les multiples « cas d’écoles » et les interpellations passées qui auraient dû servir de leçons. Des soirées « piscine » privées aux dérives dans les réseaux de villas meublées, Ouagadougou assiste, impuissante ou presque, à une surenchère de la précocité dans le vice.
Face à cette dérive morale, la responsabilité des géniteurs est profondément engagée. L’argument de l’influence des réseaux sociaux ou des « mauvaises compagnies » a ses limites. L’éducation de base se donne sous le toit familial. Trop de parents ont aujourd’hui démissionné, fuyant leurs responsabilités sous prétexte de la recherche du pain quotidien. La course matérielle a remplacé la présence affective et le contrôle rigoureux. Combien de parents savent réellement où dorment leurs enfants, qui ils fréquentent, ou comment ils obtiennent l’argent nécessaire pour louer une villa entière dans la capitale ? Donner la vie est un choix ; assurer le suivi psychologique, éducatif et moral de sa progéniture est un devoir non négociable.
Mais au-delà de la défaillance parentale, le dernier mot revient à la jeunesse elle-même. À ces mineurs, il convient de tenir un langage de vérité : l’excuse de l’adolescence ne saurait tout justifier. C’est à chaque jeunes de se battre pour son avenir, le monde de demain ne fera aucun cadeau aux brebis égarées. S’adonner à de telles pratiques, rechercher le plaisir facile et éphémère au prix de sa dignité, c’est hypothéquer ses chances de réussite et détruire sa vie avant même qu’elle n’ait commencé. Les plaisirs de la vie ont un temps, mais l’école, l’apprentissage d’un métier et la construction d’un esprit sain s’exigent dès aujourd’hui.
La police fait sa part en réprimant, mais la société doit guérir le mal à la racine. Il est temps que les familles redeviennent des sanctuaires de valeurs, et que notre jeunesse comprenne que leur avenir repose sur leurs actes présents
Pascal KOAMA











