Chaque année, avec le retour des pluies, le paludisme reprend ses droits. Pour contrer cette menace cyclique, le Burkina Faso déploie sa campagne annuelle de Chimio-prévention du Paludisme Saisonnier plus (CPS+). Le Secrétariat Permanent pour l’Élimination du Paludisme (SP/Palu) en a officiellement présenté l’édition 2026 ce mardi à Ouagadougou, avec un objectif ambitieux : protéger gratuitement près de 5 millions d’enfants de 3 à 59 mois avant la fin de la saison des pluies.
La campagne s’étale de juin à octobre, structurée en cinq passages mensuels. Le coup d’envoi sera donné du 25 au 28 juin avec le passage P0, ciblant en priorité 24 districts sanitaires où l’incidence de la maladie est la plus élevée. Le déploiement s’élargira ensuite progressivement aux 70 districts du pays : P1 du 23 au 26 juillet, P2 du 20 au 23 août, P3 du 17 au 20 septembre et P4 du 15 au 18 octobre. Plus de 1,2 million d’enfants seront touchés dès le premier passage.
Pour atteindre chaque enfant, les agents de santé combinent plusieurs approches : le porte-à-porte, les postes fixes, et dans les régions de Djoro et Tannouyan, une stratégie fixe avancée pour rapprocher les soins des quartiers les plus reculés. La CPS+ ne se limite pas à la distribution de médicaments préventifs : elle intègre également le dépistage de la malnutrition aiguë, le rattrapage vaccinal antipaludique et la destruction systématique des gîtes larvaires.
Le Dr Ousseni Ouédraogo, chef de département prévention médicamenteuse, a rappelé pourquoi la période ciblée est critique. Plus de 60 % des cas de paludisme surviennent entre juin et novembre, lorsque les conditions climatiques offrent aux moustiques un terrain idéal pour se reproduire. Le principal enjeu, selon lui, reste l’observance du traitement sur les trois jours requis. « Ce sont ces trois prises correctement administrées qui font vraiment que le médicament marche bien », a-t-il insisté.

Le Dr Sidzabda Christian Bernard Kompaoré, Secrétaire permanent, a mis en garde contre les conséquences d’un traitement incomplet. Les enfants non correctement traités risquent de développer des formes graves de la maladie, alourdissant la pression sur des formations sanitaires déjà sollicitées. Il a également précisé que l’extension de la campagne aux enfants de 5 à 9 ans dans les zones à forte incidence est intégralement financée sur le budget de l’État burkinabè, qui constitue, selon ses mots, « le socle sur lequel repose toute cette stratégie ».

Sur le plan financier, près de 5 milliards de francs CFA avaient été mobilisés en 2025 pour soutenir la lutte contre le paludisme, dont 2,7 milliards spécifiquement dédiés à la CPS. Un investissement conséquent qui témoigne de la priorité accordée par les autorités à cette bataille sanitaire, menée chaque année contre l’une des principales causes de mortalité infantile au Burkina Faso.











