La capitale nigérienne abrite depuis ce matin la troisième édition des Journées de l’Aviation Civile (JDAC), un rendez-vous désormais incontournable pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Placée sous le haut patronage du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine ZEINE, cette rencontre se poursuit jusqu’au 22 avril.
Plusieurs figures clés du secteur ont fait le déplacement, parmi lesquelles le Colonel-Major Abdourahamane AMADOU, en charge des Transports et de l’Aviation Civile du Niger, Dembélé Madina SISSOKO pour le Mali, ainsi que Kiswendsida Alice OUÉDRAOGO, représentant le ministère burkinabè de l’Administration territoriale et de la Mobilité.
Après Bobo-Dioulasso en 2024 puis Bamako en 2025, cette nouvelle édition confirme la volonté des pays de l’AES d’avancer concrètement vers une meilleure coordination dans le domaine aérien. À Niamey, les échanges visent notamment à améliorer les liaisons régionales, à réfléchir à la mise en place d’une compagnie aérienne commune et à renforcer la capacité du secteur à faire face aux réalités sécuritaires et climatiques du Sahel.

Un point retient particulièrement l’attention cette année : la place grandissante accordée à la météorologie. Les services nationaux ANAM Burkina, Mali Météo et la DNM du Niger ne sont plus considérés comme de simples structures d’appui, mais comme des acteurs essentiels de la sécurité aérienne.
Dans une région régulièrement confrontée aux tempêtes de sable, aux orages violents ou encore à une visibilité réduite, la fiabilité des données météo devient un enjeu central. Elle conditionne non seulement la sécurité des vols, mais aussi le respect des normes internationales.
Au-delà de cet aspect, les discussions portent aussi sur l’harmonisation des pratiques entre les pays membres. L’idée est de parler le même langage technique, avec des outils compatibles et des standards communs. Cette dynamique s’accompagne d’une volonté de modernisation, avec des investissements envisagés dans des équipements plus performants, comme les stations automatiques ou les technologies satellitaires.
La question climatique s’invite également dans les débats. Mieux anticiper les évolutions du climat permettrait non seulement de sécuriser les infrastructures aéroportuaires, mais aussi d’optimiser les trajets aériens, dans une logique à la fois économique et environnementale.
Cette collaboration renforcée ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans la continuité des travaux techniques menés à Ouagadougou en mars dernier, preuve que l’intégration au sein de l’AES dépasse les discours politiques pour s’ancrer dans des actions concrètes.

À travers cette rencontre, les trois pays affichent une ambition claire : construire une aviation plus autonome, capable de répondre aux défis locaux tout en soutenant le développement régional. Une manière, aussi, de transformer les contraintes du Sahel en véritables leviers d’opportunités.











