Anthony Onyemaechi Elumelu, né le 22 mars 1963 à Jos, dans l’État du Plateau au Nigeria, est un économiste, banquier, entrepreneur et philanthrope nigérian. Il préside Heirs Holdings et Transcorp, et a fondé la Tony Elumelu Foundation. En 2020, le magazine Time l’a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde.
Des débuts modestes
Originaire d’Onicha-Ukwu, dans la zone de gouvernement local d’Aniocha North, dans l’État du Delta, Tony Elumelu grandit auprès de ses parents Suzanne et Dominic Elumelu, entouré de quatre frères et sœurs ; parmi eux, Ndudi Elumelu, aujourd’hui chef de la minorité à la Chambre des représentants du Nigeria.
Passionné par l’économie, il étudie à l’université d’État de Bendel (devenue depuis l’université Ambrose Alli), où il obtient une licence en sciences économiques ; sans mention particulièrement brillante, un détail qu’il aime rappeler pour montrer que le diplôme ne fait pas tout. Il poursuit ensuite avec un master en économie à l’université de Lagos.
Sa carrière débute en 1985 à l’Union Bank, dans le cadre du National Youth Service Corps. Il décroche ensuite un poste d’analyste débutant à l’All States Trust Bank, un poste habituellement réservé à des profils académiques plus prestigieux que le sien. Sa rigueur et sa détermination lui permettent de devenir directeur d’agence dès l’âge de 27 ans. Il connaît aussi une expérience de vendeur de photocopieurs, école de la persévérance et du contact client dont il tirera durablement des leçons.
« J’ai commencé ma carrière en tant que vendeur, jeune, affamé et travailleur, comme des milliers d’autres jeunes diplômés qui rêvaient de réussir. » — Tony Elumelu
Le bâtisseur de grandes entreprises
En 1997, à seulement 34 ans, Tony Elumelu prend la tête d’un groupe d’investisseurs qui rachète Crystal Bank, une banque au bord de la faillite. Il la redresse en quelques mois seulement ; les actifs de l’établissement passent de 6,5 millions à 473 millions de nairas ;grâce notamment à un mécanisme inédit dans le système bancaire nigérian : l’échange de créances contre des actions, qui restaure la confiance des gros déposants. La banque est rebaptisée Standard Trust Bank.
En 2005, il orchestre l’une des plus grandes fusions bancaires d’Afrique subsaharienne en unissant Standard Trust Bank à United Bank for Africa (UBA), alors la troisième banque du pays. Il devient directeur général du nouvel ensemble, qu’il transforme en groupe panafricain présent dans une vingtaine de pays d’Afrique, ainsi qu’au Royaume-Uni, en France, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis ; UBA restant la seule banque africaine à disposer d’une présence commerciale outre-Atlantique, au service de plus de 35 millions de clients.
Après avoir quitté ses fonctions exécutives à l’UBA en 2010, il fonde Heirs Holdings, société d’investissement familiale active dans plusieurs secteurs stratégiques : services financiers, énergie, hôtellerie, technologie et santé. Il conserve toutefois la présidence du conseil d’administration d’UBA pendant encore douze ans.
Une page qui se tourne en 2026 : conformément aux nouvelles règles de gouvernance de la Banque centrale du Nigeria limitant la durée des mandats des administrateurs non exécutifs, Tony Elumelu quittera la présidence d’UBA le 21 août 2026, après douze années de mandat, et cédera sa place à Emmanuel Nnorom. Ce départ à venir coïncidera avec une nouvelle étape de sa carrière : il a été choisi pour présider le conseil d’administration de Seplat Energy à partir du 1er janvier 2027, dans la foulée de l’acquisition par Heirs Energies d’une participation d’environ 20 % dans ce groupe pétrolier nigérian, pour près de 500 millions de dollars.
Investir dans les entrepreneurs africains
En 2010, la même année que la création de Heirs Holdings, Tony Elumelu fonde la Tony Elumelu Foundation, avec une ambition claire : donner aux jeunes Africains les moyens de créer des entreprises durables.
En 2015, il annonce un engagement de 100 millions de dollars pour former, accompagner et financer 10 000 entrepreneurs africains sur dix ans, à travers le programme d’entrepreneuriat de la Fondation. Cette initiative panafricaine s’appuie sur sa philosophie de l’Africapitalisme, selon laquelle le secteur privé africain doit être le moteur du développement économique et social du continent ; une conviction qu’il a réaffirmée jusque dans son récent message d’adieu à l’UBA, où il évoque son engagement à faire prospérer les entrepreneurs des 54 pays du continent.
Distinctions
- Banquier africain de l’année, African Banker Magazine (2008) ;
- Membre de l’Ordre de la République fédérale du Nigeria — MFR (2003) ;
- Commandeur de l’Ordre du Niger — CON (2012) ;
- Prix du leadership en affaires et en philanthropie, Africa-America Institute (2013) ;
- Icône des affaires africaines, African Business Awards (2013) ;
- Lifetime Achievement Award, CGECI, Abidjan (2016) ;
- Homme nigérian de l’année (2016) ;
- Philanthrope de l’année, All Africa Business Leaders Awards (2018 et 2019) ;
- Doctorat honoris causa en administration des affaires, Bayero University Kano (2019) ;
- Officier de l’Ordre de Léopold, décoré par le Royaume de Belgique (2020) ;
- Classé parmi les 100 personnes les plus influentes du monde, magazine Time (2020) ;
- Commandeur de l’Ordre de la République fédérale du Nigeria — CFR, distinction supérieure à celle de 2003 (2022).
Vie personnelle
Depuis 1993, Tony Elumelu est marié au Dr Awele Vivien Elumelu, médecin. Ensemble, ils sont parents de sept enfants.
Les leçons de Tony Elumelu
✔️ Les plus grandes réussites commencent souvent par des débuts modestes et un diplôme moyen n’a jamais empêché personne de réussir.
✔️ L’entrepreneuriat est un puissant levier de transformation économique.
✔️ La véritable réussite consiste aussi à créer des opportunités pour les autres.
✔️Savoir tourner une page ; comme il s’apprête à le faire avec UBA en 2026; fait partie intégrante d’une trajectoire entrepreneuriale réussie.
Citation inspirante :
« Le secteur privé africain a le pouvoir de transformer l’Afrique grâce à des investissements à long terme qui créent à la fois la prospérité économique et le progrès social. » Tony Elumelu
G. Patrik











