C’est un rendez-vous diplomatique discret mais stratégique. Du 23 au 25 juin 2026, Ouagadougou accueille un atelier de haut niveau réunissant experts, diplomates et hauts fonctionnaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, autour d’un objectif commun : préparer les futures consultations entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Officiellement ouvert le mardi 23 juin sous la présidence du secrétaire général du ministère burkinabè des Affaires étrangères, cet atelier vise à produire un document-cadre stratégique qui servira de boussole aux échanges entre les deux organisations. Les participants travailleront pendant trois jours à la définition d’une position commune sur des dossiers structurants : intégration régionale, libre circulation des personnes et des biens, coopération économique et sécurité sous-régionale.
Pour Hermann Yirigouin Toé, Secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large. « La Confédération des États du Sahel est aujourd’hui l’expression d’une renaissance politique africaine fondée sur la solidarité, la responsabilité collective et la défense des intérêts de nos peuples », a-t-il déclaré en ouverture des travaux. Il a également rappelé que la Confédération poursuit sa consolidation institutionnelle dans un contexte difficile, marqué par des défis sécuritaires persistants, des campagnes de désinformation et des tentatives répétées de déstabilisation.
Au-delà de la préparation tactique des négociations, cet atelier témoigne de la volonté de l’AES d’aborder ses relations avec la CEDEAO dans un esprit de dialogue constructif, de respect mutuel et de préservation des intérêts des populations ouest-africaines. Les délégations ont d’ores et déjà salué les avancées enregistrées dans la construction institutionnelle de la Confédération, notamment en matière de coordination diplomatique et de développement de partenariats bilatéraux et multilatéraux.
Les conclusions de ces travaux sont attendues le 25 juin. Elles devraient jeter les bases d’un cadre de dialogue structuré entre deux blocs dont les relations, marquées par des tensions depuis les coups d’État au Sahel, semblent s’orienter prudemment vers une normalisation négociée.











