La troisième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB.AOC) s’est tenue dans la matinée du 4 décembre 2025 à Ouagadougou. Organisée en présentiel et en visioconférence, elle a réuni les ministres et représentants des huit pays membres autour d’un objectif commun : faire du biodigesteur une solution durable pour répondre aux défis énergétiques, agricoles et climatiques de la région.
La cérémonie d’ouverture et les travaux ont été présidés par le Dr Amadou DICKO, ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques du Burkina Faso, représentant le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques. Étaient également présents le président du Conseil d’administration, Malick GAYE, les administrateurs de l’AB.AOC, le Directeur général des productions animales ainsi que plusieurs personnalités.
Un tournant pour l’Alliance
Cette session marque une étape déterminante dans la consolidation des actions communes au service des populations et des États membres. Les ministres ont procédé à l’examen et à l’adoption du tout premier Plan stratégique 2026-2030 de l’AB.AOC, un document qui fixe les grandes orientations pour les cinq prochaines années. Il prévoit notamment la mise en place de 50 000 biodigesteurs adaptés aux réalités locales, le renforcement des capacités techniques et institutionnelles, la mobilisation de financements publics et privés, la promotion de modèles économiques viables ainsi que la création d’un système régional de suivi-évaluation et de capitalisation des bonnes pratiques.

Selon le président du Conseil d’administration, Malick GAYE, d’importants acquis ont été enregistrés sous le leadership du commandant Ismaël SOMBIE, président en exercice de l’AB.AOC. « Le Conseil d’administration et le Secrétariat exécutif ont mené, entre 2023 et 2025, des échanges constructifs qui ont permis un suivi rigoureux des activités, la validation des programmes et des budgets, et surtout l’élaboration du tout premier plan stratégique 2026-2030 », a-t-il déclaré.
Une vision pour 2030
À l’horizon 2030, l’AB.AOC ambitionne de devenir un centre de ressources incontournable pour le développement du marché du biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le plan stratégique vise à diffuser massivement les biodigesteurs dans une dynamique marchande durable, à renforcer la gouvernance du secteur dans chaque pays membre, à développer une expertise régionale sur la technologie et la valorisation du biogaz et du compost, et à promouvoir des mécanismes de financement carbone. Il entend également consolider la mobilisation de ressources pérennes à travers des partenariats publics, privés et internationaux, tout en positionnant l’Alliance comme un acteur majeur de la transition énergétique, de la sécurité alimentaire et de la lutte contre les changements climatiques dans la région.
Une dynamique déjà engagée

Dans son intervention, le Dr Amadou DICKO a mis en avant le potentiel transformateur du biodigesteur : « Cette technologie, respectueuse des équilibres écologiques, offre des opportunités concrètes de création de richesse, d’emplois durables et de résilience climatique. L’Alliance joue pleinement son rôle dans la structuration du secteur marchand du biodigesteur. Le nombre d’installations dans l’espace AB.AOC est passé de 13 170 en 2017 à plus de 22 000 en 2025, un progrès remarquable », a-t-il souligné.

Créée en octobre 2018 à Ouagadougou, l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre regroupe huit pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle œuvre pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural et périurbain à travers la promotion de la technologie du biodigesteur. L’Alliance s’appuie sur un Secrétariat exécutif et des Structures Focales Nationales (SFN), et collabore avec plusieurs organisations régionales et internationales actives dans les domaines de la cuisson propre, des énergies renouvelables et de l’agriculture durable. Tout pays africain peut adhérer à l’AB.AOC, avec une priorité accordée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre.











