À N’Djamena, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi pour réclamer la remise en liberté de Succès MASRA, ancien Premier ministre et figure de l’opposition, incarcéré depuis près d’un an.
Le rassemblement coïncidait avec le huitième anniversaire du parti Les Transformateurs. De nombreux jeunes militants ont répondu à l’appel pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une détention injustifiée de leur leader.
Le secrétaire général du parti, Ngagorngar TOG-YEUM, a pris la parole pour défendre MASRA, estimant qu’il paie son engagement politique. Il a également demandé la libération d’autres opposants récemment arrêtés, affiliés au mouvement GCAP.
Économiste formé entre la France et le Cameroun, MASRA avait brièvement occupé le poste de Premier ministre avant l’élection présidentielle de 2024. Candidat face au président Mahamat Idriss DÉBY ITNO, il avait contesté les résultats officiels qui lui attribuaient 18,5 % des voix, contre plus de 61 % pour le chef de l’État.
En août dernier, un tribunal de N’Djamena l’a condamné à vingt ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation, notamment incitation à la haine et à la violence, en lien avec des affrontements intercommunautaires meurtriers survenus en mai, ayant causé la mort de 42 personnes. Cette décision continue de susciter de vifs débats sur les plans politique et judiciaire.
Parallèlement, le ton s’est durci du côté des autorités envers le GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). Le ministre de l’Information, Gassim Cherif MAHAMAT, a annoncé que la Cour suprême du Tchad avait prononcé la dissolution du mouvement le 24 avril.
Selon lui, certains membres auraient poursuivi leurs activités malgré cette décision et continué à appeler à manifester. Il a également évoqué la découverte présumée d’armes de guerre lors d’enquêtes en cours, affirmant qu’une telle situation est incompatible avec les principes démocratiques.











