Le dossier judiciaire impliquant Camille YAKÉ YÉ et sept autres coprévenus, en lien avec l’affaire Amidou TIEGNAN, a été appelé ce lundi 15 décembre 2025 devant le Tribunal de grande instance Ouaga I.

Cette procédure porte sur un présumé détournement de plus de trois milliards de francs CFA au ministère de l’Action humanitaire. Sont notamment poursuivis l’ancien directeur de la gestion des finances du ministère, Camille YAKÉ YÉ, l’ex-ministre Laure ZONGO HIEN, ainsi que six autres personnes.
Les prévenus sont mis en cause pour détournement de deniers publics, complicité de détournement, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Les faits reprochés concernent le compte intitulé « Renforcement Prot-SOC/MASSN », destiné à l’achat de vivres au profit des personnes déplacées internes.
Selon les éléments évoqués par le parquet en novembre 2025, les irrégularités constatées incluraient des dépenses fictives, des surfacturations de frais de manutention, ainsi que l’utilisation à des fins personnelles de carburant réservé aux activités du ministère.
Des questions préjudicielles soulevées par la défense

À l’ouverture des débats, les avocats de l’ancienne ministre Laure ZONGO HIEN ont informé le tribunal avoir interjeté appel contre l’ordonnance de renvoi rendue par le juge d’instruction. Cet appel concerne, selon eux, les modalités de mise en examen et le régime du contrôle judiciaire.
Le procureur du Faso a pour sa part soutenue que ladite ordonnance ne prévoit ni détention, ni contrôle judiciaire à l’encontre des prévenus, lesquels comparaissent libres. Il a qualifié la démarche de la défense « d’appel dilatoire », estimant que la Cour d’appel ne pourrait être saisie que sur la question de la liberté, et non sur le fond du dossier.
La défense a rejeté cette interprétation, affirmant que le juge d’instruction avait bel et bien motivé le maintien de certains mis en examen sous contrôle judiciaire. Elle a également annoncé avoir introduit un recours en inconstitutionnalité devant le Conseil constitutionnel contre une disposition du Code de procédure pénale, sollicitant en conséquence un sursis à statuer.
L’Agent judiciaire de l’État a contesté l’argumentation de la défense, déclarant ne pas avoir connaissance de la jurisprudence invoquée, tandis que l’avocat du RENLAC a plaidé pour que le tribunal se prononce d’abord sur la recevabilité du dossier avant toute question préjudicielle.
Le tribunal ordonne un renvoi
Après suspension de l’audience pour délibérer, le Tribunal de grande instance Ouaga I a finalement accédé à la demande de renvoi formulée par les avocats de Laure ZONGO HIEN. La juridiction a également décidé de surseoir à statuer dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel sur le recours en inconstitutionnalité introduit dans cette affaire.
Le dossier est ainsi renvoyé au 23 janvier 2026, afin de permettre à la défense de préparer sa stratégie et d’attendre l’issue de la procédure constitutionnelle en cours











