Faustin-Archange Touadéra conservera les rênes de la République centrafricaine pour un nouveau septennat. D’après les résultats provisoires rendus publics lundi par l’Autorité nationale des élections, le chef de l’État sortant est arrivé largement en tête du scrutin présidentiel organisé le 28 décembre, avec 76,15 % des suffrages exprimés.
Élu une première fois en 2016, puis reconduit en 2020 dès le premier tour avec un peu plus de 53 % des voix, Touadéra bénéficie désormais des dispositions de la nouvelle Constitution adoptée par référendum en 2023. Ce texte a mis fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels et allongé leur durée à sept ans, ouvrant ainsi la voie à sa candidature pour un troisième mandat.
Âgé de 68 ans et ancien enseignant en mathématiques, le président sortant a axé sa campagne sur les avancées enregistrées sur le plan sécuritaire. Il met en avant la reprise de vastes zones autrefois contrôlées par des groupes armés, ainsi que la conclusion récente d’accords de paix. Ces résultats, selon lui, sont le fruit d’une coopération militaire renforcée avec des forces rwandaises et des sociétés de sécurité russes issues de la réorganisation de l’ex-groupe Wagner.
Ces partenariats ont contribué à accroître l’influence de la Russie en Centrafrique, un pays stratégique en raison de ses importantes ressources naturelles. Moscou y dispose désormais d’intérêts majeurs dans l’exploitation de l’or, des diamants, du lithium et de l’uranium.
Sur le plan du déroulement du scrutin, l’Union africaine et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) ont salué une journée électorale globalement calme.
Toutefois, le processus électoral reste contesté. La principale plateforme de l’opposition, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a refusé de prendre part au vote, dénonçant un scrutin qu’elle juge déséquilibré. De leur côté, les candidats en lice, dont l’ancien Premier ministre et figure de l’opposition Anicet-Georges Dologuélé, ainsi que l’ex-chef du gouvernement Henri-Marie Dondra, affirment que la campagne s’est déroulée dans un climat contraint, évoquant notamment des restrictions de déplacement imposées à l’intérieur du pays.











