La pisciculture s’impose de plus en plus comme un moteur de développement économique au Burkina Faso. Dans la région du Nando, cette activité est aujourd’hui présentée comme un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté, conformément à la vision des autorités nationales, a souligné le gouverneur Jean Yves Béré.
C’est dans cette dynamique que 61 militaires admis à la retraite ont bénéficié, ce mardi 13 janvier 2026, de 122 cages flottantes déjà empoissonnées. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une convention entre le ministère de l’Agriculture et des Ressources halieutiques et le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, avec pour objectif de faciliter une reconversion économique digne et durable des anciens soldats.
Les bénéficiaires mèneront leurs activités sur plusieurs sites, notamment au barrage de Soum, à Bagré et à Samandéni. Chaque cage dispose d’une capacité de production estimée à trois tonnes de poissons. À terme, les projections tablent sur une production globale dépassant les 700 tonnes lors des premières récoltes.
Selon le directeur général des ressources halieutiques, l’inspecteur principal des Eaux et forêts Alassane Moustapha Tassembédo, chaque cage peut produire environ six tonnes de poissons par an grâce à deux cycles de production. Il a également précisé que le projet est financé à hauteur de plus d’un milliard de FCFA par le Projet de résilience et de compétitivité de l’élevage (PRECEL).

La pisciculture en cage flottante, a-t-il expliqué, constitue une innovation majeure issue de l’offensive agropastorale et halieutique. Elle permet aux producteurs de dégager, en l’espace de quatre à six mois, une marge nette pouvant atteindre entre 1,6 et 1,7 million de FCFA par cage, garantissant ainsi des revenus stables et décents aux bénéficiaires.
Pour le secrétaire général du ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, Léonard Yamba, ce projet marque une rupture avec le passé, où de nombreux militaires retraités se retrouvaient sans véritable accompagnement. L’initiative vise désormais à leur offrir autonomie, responsabilité et dignité, tout en leur permettant de continuer à servir la nation autrement.
Le coordonnateur du PRECEL, Ismaël Konkobo, a rappelé que ce programme s’inscrit dans la continuité des actions menées pour renforcer la résilience des populations vulnérables dépendantes des ressources animales et halieutiques, à travers la dotation de kits productifs et l’accompagnement technique.
Appelés à faire preuve de rigueur et d’engagement, les bénéficiaires ont assuré qu’ils mettront tout en œuvre pour réussir cette reconversion et mériter la confiance placée en eux, condition essentielle à l’extension du projet à d’autres militaires retraités.












