La Biennale culturelle et artistique du Mali vit une page inédite de son histoire en 2025. Pour la toute première fois depuis sa création après l’indépendance du pays, ce grand rendez-vous culturel national se déroule à Tombouctou, ville emblématique du nord malien.
À la nuit tombée, la cité se pare de lumières et d’animations autour de la Flamme de la Paix, devenue le cœur battant des spectacles et des défilés. La mode y occupe une place de choix, attirant un large public venu découvrir des créations audacieuses et enracinées dans les traditions locales.
Parmi les figures marquantes de cette édition, le styliste Boubacar Ag Midaye, fondateur de la marque Mida Style, illustre l’élan créatif de la jeunesse malienne. Ses collections associent les codes esthétiques touaregs du nord à des tissus issus du sud du pays, offrant une lecture contemporaine du patrimoine culturel national. Il souligne également l’impact économique de l’événement, précisant que les mannequins ont été formés sur place, avec la volonté de promouvoir le « Made in Tombouctou » et d’ouvrir des perspectives professionnelles aux jeunes.
Sur le plan artistique, vingt délégations représentant l’ensemble des régions du Mali s’affrontent dans cinq disciplines, notamment la musique, la danse, le théâtre et les arts visuels. Cette diversité de talents reflète la richesse culturelle du pays et renforce la dimension fédératrice de la Biennale.
La scène musicale a notamment été marquée par la prestation très applaudie de Tinazoum Cissé, plus connue sous le nom de Daïcha. Originaire de la région de Taoudéni, majoritairement arabophone, la chanteuse a conquis le public avec son titre Ai Ouladna. Pour elle, la Biennale représente à la fois une reconnaissance artistique et une source d’espoir pour soutenir sa famille, portée par la conviction que sa voix peut lui ouvrir les portes de la victoire.
Autre performance remarquée, celle d’Awa Demba Samaké, étudiante en médecine à Bamako et représentante du district de la capitale. Passionnée de musique, elle a interprété une chanson solo écrite spécialement pour l’événement par le musicien Djimi Dramé. La jeune artiste voit dans la Biennale un cadre essentiel de formation et d’encadrement, encourageant des créations responsables et porteuses de valeurs. Elle considère également sa participation comme un honneur, marchant dans les pas de nombreuses figures majeures de la musique malienne révélées par ce concours.
Au-delà des compétitions, l’édition 2025 revêt une portée symbolique forte. Accueillie dans l’une des plus anciennes villes d’Afrique, surnommée la « cité des 333 saints », Tombouctou renoue avec son rôle historique de carrefour du savoir, de la spiritualité et de la culture.
La cérémonie de clôture, marquée par la remise des prix, est prévue ce dimanche 28 décembre à Tombouctou. Elle viendra consacrer une édition placée sous le signe de la diversité culturelle, de l’expression de la jeunesse et du renouveau artistique du Mali.











