La reconnaissance du Somaliland comme État indépendant par Israël a provoqué une vive réaction au sein des Nations unies. Réuni en séance exceptionnelle à New York, le Conseil de sécurité a exprimé de fortes réserves face à une initiative jugée contraire aux principes fondamentaux du droit international et susceptible d’aggraver les tensions dans la Corne de l’Afrique.
Lors de la réunion tenue le lundi 29 décembre 2025, plusieurs membres du Conseil ont dénoncé une décision unilatérale qui remet en cause l’unité territoriale de la Somalie. Au nom du Secrétariat général de l’ONU, le sous-secrétaire général Mohamed Khaled Khiari a rappelé que l’Organisation demeure fermement attachée au respect de la souveraineté somalienne, conformément aux résolutions en vigueur, notamment la résolution 2809 adoptée quelques jours plus tôt.

Bien que le Somaliland fonctionne depuis plus de trois décennies comme une entité autonome dotée d’institutions politiques, d’un système monétaire et de forces de sécurité propres, il n’a jamais bénéficié d’une reconnaissance officielle sur la scène internationale. La région, peuplée d’environ cinq millions de personnes, est souvent citée pour sa relative stabilité et son processus démocratique, contrastant avec l’instabilité persistante du reste de la Somalie. L’annonce de la reconnaissance mutuelle entre Israël et les autorités du Somaliland a toutefois suscité une vague de protestations, notamment de la part de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de plusieurs pays voisins, qui y voient une atteinte directe à l’ordre régional.
Washington a adopté une position nuancée, réaffirmant son soutien à l’intégrité territoriale de la Somalie tout en soulignant que chaque État demeure libre de définir ses relations diplomatiques. Une posture qui vise à éviter une escalade politique tout en maintenant l’équilibre entre les parties concernées.
Des inquiétudes sécuritaires majeures exprimées par Mogadiscio
Du côté somalien, les autorités ont alerté le Conseil de sécurité sur les conséquences potentielles de cette reconnaissance. Selon elles, elle pourrait encourager d’autres régions à revendiquer l’indépendance, fragilisant davantage un pays déjà confronté à l’insurrection du groupe terroriste Al-Shabab. Plusieurs délégations ont partagé ces préoccupations, évoquant un risque réel pour la stabilité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique.
Mohamed Khaled Khiari a insisté sur la nécessité de relancer un dialogue inclusif entre Mogadiscio et Hargeisa, dans l’esprit du processus engagé à Djibouti en 2023. Il a également mis en lumière l’importance géostratégique du Somaliland, situé le long d’un axe maritime vital reliant l’océan Indien au canal de Suez. Une évolution politique non concertée dans cette zone sensible, a-t-il averti, pourrait être exploitée par des groupes extrémistes et menacer la sécurité maritime internationale.











