Sur TikTok, elle est connue par plus de 7 000 abonnés sous le nom de « L’étudiante battante ». Dans la vraie vie, elle s’appelle OUEDRAOGO Myriam Scholastique, 22 ans, étudiante en Master 2 de médecine à l’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) et fondatrice de MyriamShop, une boutique en ligne spécialisée dans la vente de sacs à main, sacs à dos et sacoches.

Naître entrepreneure juste après le Bac
Tout commence en septembre 2022, à peine le baccalauréat en poche. Pas encore étudiante en médecine que déjà l’envie d’indépendance financière la pousse à se lancer. « Le projet est né juste après l’obtention de mon baccalauréat, histoire d’être indépendante financièrement », confie-t-elle. Depuis, MyriamShop propose des sacs pour femmes, des sacs à dos et des sacoches, avec des collections qui évoluent selon les périodes. Basée à Ouagadougou (vers le stade municipal) et à Saaba, elle a construit une clientèle fidèle, portée par une présence digitale forte où son surnom est devenu une véritable marque à part entière.

Pourquoi son histoire est une vraie success story
Ce qui fait la force du parcours de Myriam, ce n’est pas seulement d’avoir monté une boutique qui marche. C’est avoir réussi à le faire en même temps qu’elle poursuivait l’un des cursus les plus exigeants qui soient : la médecine ; sans jamais sacrifier l’un pour l’autre. Elle n’a pas attendu d’avoir « le temps » ou « les moyens » pour se lancer : elle a commencé avec ce qu’elle avait, dès la sortie du lycée. Et elle ne s’arrête même pas là : parallèlement à ses études et son commerce, elle joue de la batterie et est maître de chœur de la chorale de l’USTA. Trois vies en une, menées avec la même rigueur. C’est précisément ce supplément d’organisation, de foi et de discipline qui transforme une simple success story économique en véritable modèle d’inspiration pour la jeunesse.
Un appel qui résonne avec le discours des autorités
Le parcours de Myriam fait écho à un appel que le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE, adresse régulièrement à la jeunesse burkinabè et africaine. Lors de la Journée internationale de la jeunesse 2023, s’adressant directement aux jeunes venus des treize régions du pays, il les a exhortés en des termes simples et directs : « N’ayez pas peur d’entreprendre. Il faut vous lancer. » Un message que Myriam semble avoir fait sien bien avant même de l’entendre formulé ainsi, et qui trouve en elle une illustration vivante : une jeune femme qui n’a pas attendu qu’on lui donne la permission de réussir, mais qui a saisi sa propre initiative pour construire quelque chose de solide, seule, avec ses moyens du bord.
« Qui ne tente rien n’a rien »
Interrogée sur les clés de sa réussite, elle livre une leçon de vie limpide : « Tu es étudiant et tu veux entreprendre, assure-toi d’être organisé, d’avoir un mental au top pour surmonter toutes les difficultés, de cultiver l’amour autour de toi et de prier beaucoup. » Et elle résume tout dans une formule qui pourrait devenir sa signature : « Qui ne tente rien n’a rien. Tu veux entreprendre, n’hésite pas, et tu verras les fruits de tes efforts après. »
Un avenir entre médecine et business
Loin de vouloir choisir entre ses deux passions, Myriam a déjà une vision claire de son avenir : « Dans 5 ans, je me vois médecin, et quant à mon entreprise, je compte déléguer un DG pour bien assurer. » Une manière intelligente de pérenniser son activité sans sacrifier sa vocation médicale ; la preuve qu’entreprendre jeune ne veut pas dire abandonner ses études, mais construire les deux en parallèle.

Une invitation à toute une génération
Entre stéthoscope, sacs à main et baguettes de batterie, « L’étudiante battante » incarne cette jeunesse burkinabè et africaine que les autorités appellent sans cesse à se lever et à oser. Son message est simple mais puissant : on peut être étudiant, avoir des responsabilités et des contraintes, et, malgré tout, se lancer ; à condition d’avoir l’organisation, la foi et la persévérance nécessaires.
Un exemple à suivre pour tous les jeunes qui hésitent encore à franchir le pas.
G.Patrik KABORE










