Le Somaliland, situé au nord-ouest de la Somalie, s’est autoproclamé indépendant en 1991. Bien qu’il ne soit pas reconnu par la communauté internationale, ce territoire administre ses propres institutions, dispose de forces de sécurité autonomes et d’une monnaie distincte. Il couvre plus d’un quart du territoire revendiqué par Mogadiscio et bénéficie d’une stabilité relative, contrairement au reste du pays confronté aux attaques des shebab et à des crises politiques répétées. Sa localisation stratégique, à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, lui confère une importance géopolitique majeure.
C’est dans ce contexte sensible que les autorités somaliennes ont annoncé, lundi 12 janvier, la rupture de l’ensemble des accords conclus avec les Émirats arabes unis. Cette décision englobe aussi bien les partenariats civils que les accords de coopération en matière de sécurité et de défense.
Selon un communiqué officiel du gouvernement, tous les accords impliquant les institutions fédérales, les structures affiliées ainsi que les administrations régionales opérant sur le territoire somalien sont désormais annulés. Mogadiscio affirme disposer de rapports crédibles et de preuves jugées solides faisant état d’actions hostiles portant atteinte à la souveraineté nationale, à l’unité territoriale et à l’indépendance politique du pays.
Parmi les points de friction figurent plusieurs infrastructures stratégiques, notamment les ports de Berbera, au Somaliland, de Bosaso, dans la région du Puntland, et de Kismayo, au Jubaland. Les accords conclus directement avec les administrations régionales sont également remis en cause. Les autorités somaliennes soupçonnent en outre les Émirats arabes unis d’avoir facilité la fuite du chef des séparatistes yéménites vers Abou Dhabi en utilisant des ports somaliens, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête sur l’usage présumé non autorisé de l’espace aérien et des installations nationales.
Les tensions diplomatiques se sont accentuées après la reconnaissance officielle du Somaliland comme État indépendant par Israël, annoncée le 26 décembre dernier. Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a qualifié cette décision de « menace » pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l’Afrique. Les Émirats arabes unis, qui n’ont pas publiquement condamné cette reconnaissance contrairement à l’Arabie saoudite, sont soupçonnés par Mogadiscio d’y avoir apporté un appui indirect.
Malgré la rupture avec Abou Dhabi, le gouvernement somalien affirme rester attaché à la coopération internationale, à condition qu’elle repose sur le respect mutuel, la reconnaissance de l’unité et de la souveraineté de la Somalie, ainsi que sur les principes constitutionnels et le droit international. Le ministère des Affaires étrangères a été chargé de notifier officiellement les Émirats arabes unis et de coordonner l’application de cette décision, tout en informant les partenaires régionaux et internationaux.











