Il faut qu’on en parle et non continuer comme éternel observateur. Le 24 juillet dernier, la boutique de la Station service Vivo énergie ex Shell Camp Baba Sy située sur la route de Koubri a de nouveau été la cible d’un cambriolage. Pour ceux qui fréquentent cette boutique ou qui empruntent cet axe ont pu constater l’exaspération une fois de plus des tenanciers de cette boutique. Après investigation, ce serait la sixième fois que la boutique de cette même station se fait vandaliser et piller.
J’ai bien envie de dire que c’est un coup dur de plus, et la fois de trop. Comment une même boutique peut elle être à chaque fois la cible de tel acte ? Comment une telle récidive est-elle encore possible aujourd’hui ? Pourquoi, malgré la répétition évidente du scénario, la situation continue-t-elle de se produire en toute impunité ? Les failles sont-elles devenues à ce point visibles pour que les cambrioleurs repassent à l’action comme en terrain conquis ?
Face à une telle sérialité, la question ne se pose plus seulement au niveau de la délinquance locale, mais bien au niveau du système global de sécurité mis en place autour de ces infrastructures. Il est temps de poser directement les questions qui fâchent. Quelle est la part contributive et décisionnelle des hauts responsables de Shell (Vivo Energy) dans la protection de leurs points de vente ? Lorsqu’une enseigne de cette envergure internationale déploie sa marque sur un territoire, elle ne vend pas seulement du carburant ou des produits de boutique : elle engage son image et la sécurité des personnes qui travaillent sous ses couleurs. Si les investissements en sécurisation renforcée (surveillance vidéo de pointe, gardiennage adapté, infrastructures physiques anti-intrusion) ne suivent pas après le deuxième ou troisième incident, il y a un manque à gagner stratégique et éthique flagrant de la part du top management.
Il faut impérativement que la direction de la marque prenne à bras-le-corps la pleine mesure de ses responsabilités au risque que les tenanciers continuent d’épuiser leurs ressources et leur moral à réparer les dégâts et subir les pertes. Parmi ces mesures figurent l’assurance des tenanciers et leurs produits et donc un accompagnement de cette direction pour réduire les effets collatéraux.
Et ce n’est pas le seul risque, les clients risquent également de déserter peu à peu ces espaces devenus anxiogènes et cela peut se rependre au niveau des autres boutiques de stations-service du réseau.
Vivement que la maison-mère et les tenanciers de ces boutiques arrivent à s’accorder pour d’une part protéger cette grande marque et d’autre part permettre aux tenanciers d’éviter de tels incidents.
Pascal KOAMA (Editorialiste)











