Au Maroc, la montée brutale des prix du carburant alimente une inquiétude palpable au sein de la population. À Rabat comme à Salé, de nombreux conducteurs se ruent vers les stations-service, redoutant de nouvelles hausses. En toile de fond, les tensions persistantes au Moyen-Orient et l’instabilité des marchés pétroliers mondiaux.

Ces derniers jours, le prix du diesel a bondi d’environ deux dirhams, tandis que l’essence affiche une hausse avoisinant un dirham et demie. Résultat : des files d’attente inhabituelles se forment devant certaines stations, signe d’une nervosité grandissante face à l’augmentation du coût de la vie.
Les professionnels du transport sont parmi les plus touchés. Les chauffeurs de taxi, en particulier, peinent à absorber ces hausses sans pouvoir ajuster leurs tarifs. Beaucoup dénoncent une baisse de leurs revenus et évoquent un équilibre financier de plus en plus fragile.
Dans ce climat tendu, des comportements controversés ont également été signalés. Certaines stations auraient suspendu temporairement leurs ventes ou appliqué les nouveaux tarifs avant leur mise en vigueur officielle, suscitant colère et incompréhension, notamment sur les réseaux sociaux.
Depuis la libéralisation du secteur en 2015, les prix des carburants sont déterminés par les distributeurs en fonction des fluctuations internationales. Un mécanisme qui rend les consommateurs marocains particulièrement vulnérables aux variations du marché.
L’impact de cette hausse dépasse largement le cadre du carburant. L’augmentation des coûts de transport se répercute sur les prix des biens et des services, notamment alimentaires, accentuant la pression inflationniste sur les ménages les plus modestes.
Dans un pays fortement dépendant des importations d’énergie, les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, influencent directement les prix à la pompe.
Face à cette situation, plusieurs organisations de la société civile plaident pour des mesures immédiates, telles qu’un encadrement temporaire des prix ou la mise en place d’aides ciblées, afin de protéger les populations les plus vulnérables.











