Ce mois d’août a été beaucoup plus mouvementé par des commémorations d’indépendance de plusieurs pays africains. Des pays comme le Bénin, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la Centrafrique ou encore le Gabon ont tous célébré la proclamation de leurs indépendances des années 1960. Cette succession n’est pas le fruit du hasard, mais rappelle plutôt l’été 1960, époque où les décrets de décolonisation de la métropole française s’enchaînaient à un rythme effréné.
Un enchainement qui n’a pourtant pas contribué à la souveraineté totale de l’Afrique durant toutes cette année jusqu’à présent à tel enseigne qu’on se pose la question sur le sens même de cette commémoration. Six décennies plus tard, l’histoire est claire : cette vague d’indépendances était largement une illusion gravée sur du papier. Elle s’apparente à juste un remaniement déguisé où les gouverneurs coloniaux laissent la place à des élites locales tout en conservant le contrôle des leviers stratégiques.
Les preuves concrètes de cette souveraineté inachevée sont entre autres la dépendance monétaire. Du Bénin au Tchad, en passant par la Côte d’Ivoire, l’usage du franc CFA a longtemps garanti un droit de regard financier à Paris, limitant la liberté de politique monétaire des États. Il y a aussi la présence militaire et sécuritaire dans plusieurs pays africains dit indépendants qui font quasiment recours de façon automatique à des troupes étrangères pour assurer la sécurité nationale.
Un dernier élément qu’on peut retenir est l’ingérence économique, l’exploitation des ressources naturelles, le pétrole tchadien ou le bois gabonais reste sous l’influence des multinationales étrangères, laissant peu de retombées directes pour les populations locales.
Force est de reconnaitre qu’une nouvelle dynamique est insufflé actuellement par certains chefs d’état qui ne ménage aucun effort pour amener leurs peuples à atteindre la vraie souveraineté. Pour y arriver, les efforts doivent dépasser les discours politiques et les défilés militaires. Elle se conquiert par la maîtrise de son économie, la transformation locale des matières premières, la rigueur de la gouvernance et l’auto-détermination sécuritaire. Il est temps pour les peuples africains et leurs dirigeants de se souder, de parler à l’unisson afin de provoquer un réveil de cette Afrique.
Pascal KOAMA l’éditorialiste











