On ne se lassera pas de parler tant que c’est nécessaire. Rien qu’à voir le nombre de candidats au concours direct de recrutement à la fonction publique, la question du contentement des diplômes par certains jeunes s’impose. Alors que l’Afrique évolue à une vitesse fulgurante , une partie de sa jeunesse reste piégée dans une illusion de diplôme universitaire et de travail dans la fonction publique, à tel point qu’on croirait que le diplôme universitaire est le sésame absolu vers la réussite. La preuve , beaucoup de jeunes prennent toute l’année pour préparer les concours au point de refuser de faire autre chose avec leurs dix doigts en dehors de leur domaine d’études.
On est tous d’accord que l’école structure l’esprit, donne des bases et demeure indispensable pour former les cadres de demain, mais on est également d’accord que l’état ne pourra pas recruter tout le monde surtout avec des cursus universitaires saturés d’étudiants. Mais aujourd’hui, brandir un master dans un marché saturé ne suffit plus à remplir une assiette.
Ce qui est bien dommage, c’est que beaucoup de jeunes africains feignent de ne pas voir ce changement d’époque. Par confort, par mimétisme ou par le poids des attentes familiales, ils sont encore des milliers à miser à 100 % sur leurs titres académiques. Des titres, d’ailleurs, qu’ils ont bien des fois obtenus non pas par leur capacité, mais par des sacrifices indécentes. Au Burkina Faso, une nouvelle dynamique est enclenchée : les études générales sont abandonnées au profit de celles techniques et professionnelles ; un point d’honneur est mis sur l’agriculture et l’élevage ; même les retraités parlent de réinsertion. L’Afrique en général vibre au son de l’agrobusiness, du numérique, de l’artisanat d’art et du commerce. C’est le triomphe du « travail des dix doigts ». En snobant les métiers manuels, techniques et entrepreneuriaux, ces jeunes passent à côté de la véritable révolution économique du continent. Ils attendent le costume-cravate dans des bureaux climatisés, avec un ordinateur de bureau doté d’une connexion gratuite et ils se disent avoir réussi.
Le camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ a donné le ton : Il est temps de rompre avec cette mentalité d’assistés professionnels. La jeunesse africaine ne peut plus s’asseoir et attendre sagement d’être recrutée par un État-providence qui croule déjà sous le poids du chômage. L’heure n’est plus à la passivité, mais à l’offensive. Les jeunes doivent mettre absolument tous les moyens de leur côté : se former en continu, apprendre des métiers pratiques, maîtriser le digital et oser. À ce niveau, beaucoup de jeunes sont déjà à féliciter pour les actions concrètes menées sur le terrain.
La jeunesse doit impérativement basculer du statut de simple consommatrice à celui de créatrice d’emplois. C’est en transformant nos matières premières, en digitalisant nos services et en osant entreprendre que nous briserons les chaînes de la dépendance. Le diplôme doit être un tremplin, pas une prison mentale. Il est temps que la jeunesse africaine ait le courage de retrousser ses manches et aille créer la richesse car personne ne viendra nous l’offrir sur un plateau.
Pascal KOAMA











