Le Fonds monétaire international (FMI) a validé, le 17 mars 2026, la huitième évaluation du programme du Niger au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la quatrième revue liée à la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 90 millions de dollars, soit près de 51,2 milliards de francs CFA.
Ce financement vient conforter la dynamique économique du pays, dont les performances ont été saluées par l’institution. Le Niger affiche en effet une croissance robuste, estimée à 6,9 % en 2025 grâce notamment à une bonne campagne agricole. Les perspectives pour 2026 restent solides, avec une prévision de 6,7 %, même si certains facteurs pourraient peser à la baisse.

Le FMI souligne que l’exécution globale du programme reste satisfaisante. L’ensemble des objectifs fixés a été respecté, à l’exception d’un critère lié à l’accumulation d’arriérés extérieurs. Ceux-ci ont toutefois été régularisés, et des mesures correctives sont en cours d’application.
S’exprimant à l’issue de la réunion du conseil d’administration, le directeur général adjoint du FMI, Kenji OKAMURA, a mis en avant la capacité de résilience de l’économie nigérienne face à un environnement difficile. Il a notamment évoqué les défis sécuritaires et les épisodes climatiques extrêmes, tout en notant une baisse de l’inflation favorisée par de bonnes conditions agricoles.
Malgré ces performances encourageantes, Kenji OKAMURA a insisté sur la persistance de risques importants. Parmi eux figurent l’instabilité sécuritaire, la volatilité des prix des matières premières, la diminution de l’aide extérieure et la fréquence accrue des chocs climatiques.
Le responsable du FMI a également appelé à la poursuite des réformes engagées. Il estime que leur appropriation par les autorités est essentielle pour consolider les équilibres macroéconomiques, renforcer le secteur bancaire et soutenir une croissance plus inclusive.
Selon ses explications, les chocs récents, notamment dans le secteur des ressources naturelles, ont généré de nouveaux besoins de financement extérieur évalués à environ 1 % du PIB pour 2026. Une combinaison d’ajustements budgétaires et de financements additionnels devrait permettre d’y répondre.
Les ressources mobilisées serviront en partie à financer des dépenses prioritaires, notamment dans les infrastructures et les actions humanitaires, tout en accompagnant les réformes structurelles.
Parmi les priorités identifiées figurent le renforcement du système bancaire, la mise en œuvre d’une stratégie efficace de gestion des revenus pétroliers, ainsi que l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques et de la qualité des dépenses.
Dans un contexte financier contraint, Kenji OKAMURA a également recommandé une gestion prudente de l’endettement, en privilégiant des financements à conditions concessionnelles afin de limiter les risques de surendettement.
L’accent a été mis sur la nécessité de renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption. Une évaluation diagnostique est attendue d’ici fin juin 2026 pour orienter les actions futures.
Le FMI estime par ailleurs que les réformes menées dans le cadre de la facilité pour la résilience et la durabilité produisent déjà des résultats positifs, notamment en matière d’adaptation aux changements climatiques et de mobilisation de financements dédiés.











