Dix ans c’est le temps que Patrice Talon aura passé à la tête du Bénin avant de passer le flambeau. C’est jeudi qu’il a officiellement pris congé de ses compatriotes, dans une allocution solennelle diffusée à quelques jours de l’investiture de son successeur désigné, Romuald Wadagni, prévue ce dimanche 24 mai.
Arrivé au pouvoir en 2016 avec un profil d’homme d’affaires atypique dans le paysage politique béninois, Talon a conduit une politique axée sur la modernisation de l’administration, le développement des infrastructures et une stratégie économique qui lui a valu les faveurs de nombreux partenaires internationaux. Dans ses adieux à la nation, il a évoqué « le chemin exigeant » parcouru aux côtés des Béninois, les défis surmontés et les réformes engagées pour consolider l’État.
La transition s’inscrit dans la continuité d’un scrutin présidentiel sans suspense. Le tandem Wadagni–Chabi Talata a raflé 94,27 % des suffrages exprimés, soit plus de 4,5 millions de voix, avec un taux de participation de 63,57 %. Avec cette passation, Romuald Wadagni s’apprête à devenir le quatrième président béninois depuis le renouveau démocratique de 1990.
Le bilan de Talon ne fait pourtant pas l’unanimité. Une partie de l’opposition et des acteurs de la société civile lui reprochent une gouvernance à tendance autoritaire. Les critiques se sont particulièrement concentrées sur deux points : l’exclusion du parti Les Démocrates de la présidentielle de 2026 pour défaut de parrainages, et l’adoption en novembre 2025 d’une réforme constitutionnelle portant la durée du mandat présidentiel à sept ans.
Dans son message d’au revoir, le président sortant a formulé ses vœux de succès à Wadagni pour « les sept années à venir », exprimant sa conviction que le Bénin continuerait d’avancer vers « une grande nation » sous la conduite du nouveau chef de l’État.











