Dans un pays fort de plus de 250 ethnies, l’équilibre sociopolitique du Cameroun suscite de vives analyses quant à la concentration du pouvoir et au verrouillage des institutions. Selon plusieurs observateurs de la scène politique nationale, la gestion de l’État, s’étalant sur plus de quatre décennies, s’appuierait sur un contrôle étroit de l’administration, de la justice, de l’armée et des mécanismes électoraux, garantissant une continuité du système même en l’absence prolongée du chef de l’État.
Selon le journaliste consultant Mephou Gérard KUISSU, Au cœur de cette dynamique, des griefs émergent concernant une marginalisation ciblée de certaines communautés, notamment l’ethnie Bamiléké, perçue comme écartée des grands leviers décisionnels sous l’influence des cercles décisionnels actuels.

Mephou Gérard KUISSU, Consultant camerounais
Selon toujours cet homme de média et averti de la situation actuelle au Cameroun, L’illustration la plus marquante de cette tension institutionnelle repose sur la situation de Paul Kammogne Fokam, figure majeure du secteur financier africain et fondateur d’Afriland First Bank, établissement bancaire de premier plan au Cameroun et dans la zone CEMAC. Considéré comme l’une des plus grandes fortunes d’Afrique francophone, l’homme d’affaires s’est retrouvé au centre d’une vive tourmente politique. Visé par des soupçons d’avoir soutenu financièrement le principal parti d’opposition, le banquier aurait été informé en haut lieu d’une menace d’interpellation imminente, selon un schéma comparé aux tensions politiques observées par le passé dans d’autres pays de la région. Incité à quitter le territoire pour préserver sa sécurité, il vit aujourd’hui en exil depuis cinq ans.

Paul Kammogne Fokam, homme d’affaire camerounais
Bien que contraint à l’éloignement et dénonçant une atteinte à ses droits fondamentaux, l’entrepreneur poursuit ses activités à l’échelle continentale. Sollicité par plusieurs chancelleries africaines, il s’est vu confier la présidence de la banque d’investissement en Guinée et a récemment étendu ses implantations bancaires en République centrafricaine.
Toutefois, au-delà, toujours selon Mephou Gérard KUISSU, des pressions attribuées au pouvoir central, cette trajectoire met également en lumière les contradictions internes à sa propre communauté. Le silence jugé complice de nombreuses élites, universitaires et chefs traditionnels bamilékés qui, guidés par des intérêts particuliers, s’abstiennent de toute prise de position face à la situation de leurs acteurs économiques majeurs.
Pascal KOAMA, Journaliste éditorialiste









