On continue notre série d’investigations sur la filière café. Et pour cette troisième partie d’investigation, intéressons nous à la consommation du café de spécialité en Afrique de l’ouest. Elle est généralement connue comme terre de production agricole. Mais le paradoxe aujourd’hui est qu’elle est devenue plus un marché de consommation en plein essor. En ce qui concerne le café, l’Afrique de l’ouest se présente comme une véritable consommatrice.
D’ailleurs, Les récentes données du secteur et les rapports de l’Organisation Internationale du Café (OIC) témoignent d’une augmentation significative de la demande intérieure sur le continent. C’est donc dire que les populations de l’Afrique de l’ouest ont décidé de s’approprier leur propre matière. Cela se constate aisément avec une progression remarquable de la consommation enregistrée dans plusieurs pays de la sous-region. En exemple , la Côte d’Ivoire affiche l’une des dynamiques de croissance les plus fortes en glissement annuel allant jusqu’à +50 % sur certains segments.
Selon nos sources, à l’échelle du continent africain, la consommation atteint désormais 12,87 millions de sacs par an, et le marché régional des boissons à base de café enregistre une croissance soutenue de 7,5 % par an. Le constat fait depuis le début de nos investigations concerne ce qui est servi dans la tasse du consommateur en terme de qualité.

Ce constat soulevé lors de nos investigations révèle une inquiétude : Les consommateurs ouest-africains payent-ils du bon café ? Le café qu’ils consomment contient-il de l’arôme ? Ont-ils accès à des cafés fraîchement torréfiés et de qualité supérieure ? Toujours selon nos sources , le café Arabica répond à tous ces critères. L’exemple le plus concret est l’Éthiopie où plus de 50 % de la production d’Arabica est consommée localement. On peut encore citer le Rwanda ou le Kenya.

Un pays qui attire l’attention en matière de consommation de café de spécialité arabica est la Côte-D’ivoire. Des spécialistes montrent que les consommateurs Ivoiriens aussi bien ceux de l’intérieur du pays que ceux de la diaspora manifestent un engouement croissant pour l’Arabica de spécialité. Tout comme au Sénegal ou au Ghana également, les consommateurs montrent un appétit d’ogre pour ces produits de qualité. Les critères de choix sont entre autres la recherche de finesse, de notes fruitées et d’une acidité équilibrée.

De nos jours , il n’est plus vraiment nécessaire de se tourner vers des importations lointaines et coûteuses pour consommer du café de spécialité arabica. Nos investigations sur le terrain ont prouvé la présence de ce café de spécialité Arabica au Burkina Faso dans le quartier Tanghin par une jeune entreprise du nom de « Tropic café ». Nous reviendrons en détail sur cette découverte dans la suite de nos investigations.
Pascal KOAMA, journaliste éditorialiste











