Il suffit de faire un tour dans les Centres de santé au Burkina pour constater les cas d’hospitalisation dus à la dengue. Les laboratoires ne se désemplissent pas, les résultats sont de plus en plus positifs, malgré les efforts des médecins soignants, certains malheureusement perdent la vie. Une épidémie ? Qu’est ce qui explique cette recrudescence préoccupante des cas de dengue au Burkina ces derniers temps ?
Une telle situation interpelle, d’autant plus qu’elle survient malgré un arsenal d’actions d’envergure déployé par les autorités sanitaires.
Oui il faut l’admettre, le Ministère de la Santé et ses partenaires abattent un énorme boulot pour endiguer la propagation du moustique vecteur, l’Aedes aegypti. Depuis plusieurs années, les Campagnes de sensibilisation de proximité se multiplient, on a vu même des pulvérisations spatiales d’insecticides dans les zones à risque, les distributions de moustiquaires imprégnées , ça on en parle même pas ainsi que la gratuité partielle ou totale de la prise en charge des cas graves.
Mais pourquoi malgré tout ces efforts, le mal continue de gagner du terrain ? Il n’y a alors qu’une seule réponse : l’incivisme de certaines personnes qui met en mal la santé de tout une nation .La lutte est sabordée de l’intérieur par l’attitude irresponsable de certains citoyens.
On croirait que beaucoups Prennent plaisir à tomber malade et à être des relais de la maladie autour d’eux-même. Beaucoup d’individus s’entêtent à refuser le changement d’habitudes à tel enseigne qu’ils deviennent même « éleveurs » des moustiques de la dengue dans leurs cours. C’est du reste le qualificatif qu’on peut leur attribuer si dans leurs propres cours , malgré les sensibilisations , ils transforment les canaris, les vieux pneus, les boîtes de conserve et les eaux stagnantes en véritables maternités à moustiques, comme s’ils s’apprêtaient à les vendre au prochain jour de marché ! C’est vraiment dommage que de tels actes d’incivismes puissent toujours demeurer.
Il est donc temps que les choses changent, il est temps que les comportements changent, il est temps que le sursaut patriotique se fasse sentir dans nos cours, sur les lieux de travail, bureaux comme ateliers, classe comme amphithéâtre, il est temps que chaque individu se remette en cause.
Se conformer scrupuleusement aux prescriptions des autorités en matière de prévention ne relève pas du choix, mais un impératif pour le bien de toute une nation. La santé publique est l’affaire de tous. Chacun de nous doit contribuer à réduire considérablement les cas de dengue sans tout attendre des autorités sanitaires. Soyons tous responsables avec des actes responsables, c’est ca aussi être intègre et patriote.
Pascal KOAMA, journaliste éditorialiste











