Le Conseil des ministres du jeudi 2 juillet 2026, présidé par le camarade Capitaine Ibrahim Traoré, a été particulièrement dense. Quatre décisions majeures ont marqué cette session, touchant à des domaines aussi variés que la formation technique, l’industrie, le droit du travail et l’action humanitaire.
Une académie technologique rattachée à la Présidence
La décision la plus emblématique de cette session est sans doute la création de l’Académie technologique du Faso, une institution d’élite placée directement sous l’autorité de la Présidence du Faso en raison de son caractère stratégique. L’ambition affichée est claire : le Burkina Faso ne veut plus se contenter de former des théoriciens, mais des bâtisseurs capables de concevoir, créer et fabriquer, pour accompagner la dynamique d’industrialisation en cours. Le chantier de cette infrastructure, lancé en décembre 2025, est en phase de finalisation. Les premières promotions y seront formées dans des filières de pointe : métallurgie, nucléaire, aéronautique, cybersécurité et métiers miniers.
CIM-SAHEL : l’État entre dans le marché du ciment
Face à la pénurie persistante de ciment et à la spéculation qui en découle, le gouvernement a décidé de jouer sa propre carte. Le Conseil des ministres a acté la création de CIM-SAHEL, une société d’économie mixte dotée d’un capital de 5 milliards de FCFA, détenu à 60 % par l’État et à 40 % par des partenaires privés. Selon le ministre chargé de l’Industrie, le camarade Serge Gnaniodem Poda, cette nouvelle entité a pour vocation de garantir la disponibilité du ciment sur l’ensemble du territoire, d’imposer des prix raisonnables et de soutenir le rythme soutenu des chantiers publics et privés.
Journées de travail continu : les règles clarifiées
Le Conseil a également adopté deux décrets relatifs aux horaires de travail dans les administrations publiques. Le premier confirme sans les modifier les horaires en vigueur : 7h30-12h30 et 13h00-16h00 du lundi au jeudi, et 7h30-12h30 puis 13h30-16h30 le vendredi. Le second précise les conditions d’instauration de la Journée de travail continu, désormais applicable clairement aux deux secteurs public et privé, avec une plage horaire fixée de 7h30 à 14h00. Le ministre des Serviteurs du Peuple, le camarade Mathias Traoré, a expliqué que ces textes visent à corriger les lacunes réglementaires constatées dans l’application des décrets de 2015 et 2017.
Humanitaire : l’État reprend la main
Enfin, le Conseil a adopté un décret réglementant les interventions humanitaires sur le territoire burkinabè. Désormais, toute organisation humanitaire devra obtenir une accréditation préalable, permettant à l’État de contrôler leur répartition géographique et leurs zones d’intervention. Le texte impose que 60 % des financements soient obligatoirement orientés vers le relèvement précoce et l’autonomisation des bénéficiaires, afin de réduire la dépendance à l’aide prolongée. Il interdit par ailleurs l’exposition des images de personnes vulnérables aux côtés des dons, et consacre le principe du « consommons local » dans l’acquisition des biens destinés aux populations assistées.











