Il est rare de trouver un personnage dont la trajectoire, bien que brève, ait laissé une empreinte aussi profonde que celle du père de la révolution burkinabè Thomas Sankara. De 1983 à 1987, il a incarné au Burkina Faso (alors encore nommé Haute-Volta) un projet ambitieux : redresser un pays pauvre, libérer une société des chaînes du néo-colonialisme, et dessiner un modèle de dignité, d’autonomie et de justice. Il s’agit ici de revisiter dans ce numéro l’histoire de ce modèle de la jeunesse africaine, ses réalisations, et surtout son héritage laissé non pas au Burkina uniquement mais à l’Afrique tout entière.
𝐐𝐔𝐈 𝐄𝐒𝐓 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒 𝐒𝐀𝐍𝐊𝐀𝐑𝐀 ?
Thomas Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako, dans la province de Passoré.
Fils d’un gendarme, il suivit d’abord des études secondaires au lycée Ouezzin Coulibaly à Bobo-Dioulasso, puis au Prytanée Militaire de Kadiogo à Ouagadougou.
En 1970, il part à Madagascar pour une formation d’officier, où il est confronté à un soulèvement étudiant et ouvrier ; une expérience qui marquera son engagement politique.
De retour, il s’illustre comme officier commando et devient en 1976 commandant du Centre National d’Entraînement Commando (CNEC) à Pô. Le capitaine Thomas SANKARA en s’intéressant à la vie politique du Burkina avait une ambition bien claire pour son pays en particulier et l’Afrique en général. « : l’Afrique ne peut plus dépendre de l’aide extérieure, elle doit mobiliser ses propres ressources et valoriser son propre peuple. »

𝐑𝐄𝐕𝐎𝐋𝐔𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃’𝐀𝐎𝐔𝐓 𝟏𝟗𝟖𝟑 : 𝐔𝐍𝐄 𝐍𝐎𝐔𝐕𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐏𝐀𝐆𝐄 𝐒’𝐎𝐔𝐕𝐑𝐄 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐄 𝐁𝐔𝐑𝐊𝐈𝐍𝐀
Dans les années 1983, le capitaine Thomas SANKARA était premier ministre du président d’alors Jean-Baptiste OUÉDRAOGO. En mai 1983, il a été arrêté et assigné à résidence parce que ses idées progressistes et anti-impérialistes dérangeaient le président et la France. En ce moment, la Haute-Volta connaissait une forte instabilité politique et une crise économique profonde, aggravées par des problèmes structurels et le néocolonialisme.
C’est ainsi que le 04 aout 1983, un groupe de jeunes officiers issus de la garnison de Pô, parmi lesquels se trouvaient le capitaine Blaise COMPAORE, un ami et compagnon d’armes de Thomas SANKARA, renverse le régime du Conseil de Salut du Peuple du président OUÉDRAOGO et le Capitaine Thomas SANKARA devient le président du Conseil National de la Revolution.

𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋’𝐇𝐈𝐒𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐓𝐇𝐎𝐌𝐀𝐒 𝐒𝐀𝐍𝐊𝐀𝐑𝐀 𝐂𝐎𝐍𝐓𝐈𝐍𝐔𝐄 𝐓- 𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐃’𝐈𝐍𝐒𝐏𝐈𝐑𝐄𝐑 ?
La révolution de Thomas SANKARA est plus qu’inspirante. En quatre années (1983 – 1987) il a révolutionné les mentalités, enclenché un changement radical et suscité le goût d’une indépendance véritable.
Dès son arrivée au pouvoir, Sankara institue la Révolution Démocratique et Populaire (RDP), inspirée par une idéologie marxiste-léniniste, panafricaniste et nationaliste. Ce mouvement a connu une forte adhésion de la population notamment la jeunesse. Au-delà des slogans, cette révolution à entrainé un impact dans plusieurs domaines :
- Lutte contre le sous-développement : Le CNR lance de vastes programmes sociaux et économiques pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et lutter contre la corruption.
- Changement de Nom et de Devise : Le pays est rebaptisé Burkina Faso (« Pays des Hommes Intègres ») le 4 août 1984 pour marquer une rupture symbolique et politique avec le passé colonial. La devise devient « La Patrie ou la Mort, Nous Vaincrons ».
- Mobilisation Populaire : La RDP encourage la création des Comités de Défense de la Révolution (CDR), des structures locales pour mobiliser le peuple, faire appliquer le programme révolutionnaire et combattre les « ennemis » intérieurs et extérieurs.
- Émancipation des Femmes : La révolution a mené une politique volontariste pour la promotion du rôle des femmes dans la société, ce qui fut un point de friction avec les pouvoirs coutumiers.
- Rupture avec l’Impérialisme : Sankara prône une rupture avec l’ancienne puissance coloniale (la France) et critique fermement les politiques d’aide internationale qui, selon lui, asservissent les peuples africains.

Même après son assassinat Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara continue de marquer les esprits, de façonné les mentalités et d’affirmé que l’Afrique peut très bien être indépendant de façon véritable.
Aujourd’hui encore plusieurs président africain s’inspire de ce grand homme, de son idéologie et de son discours d’orientation politique pour gouverner.
Au Burkina Faso, plusieurs Burkinabè reconnait dans l’orientation du Capitaine Ibrahim TRAORE, président du Faso et chef de l’Etat des similitudes du Capitaine Thomas SANKARA.
En octobre 2023, le gouvernement burkinabè a d’ailleurs élevé Le Capitaine Thomas SANKARA au rang de « héros de la nation ».
𝗔̀ 𝘃𝗼𝘂𝘀, 𝗹𝗲𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗿𝘂𝗯𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗾𝘂𝗲 𝗳𝗲𝗿𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀, 𝗮̀ 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗲́𝗰𝗵𝗲𝗹𝗹𝗲, 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗮𝗴𝗶𝗿 « 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲̀𝗴𝗿𝗲𝘀 » ?











