« Le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais mais le silence des gens bien. » : Norbert Zongo
Il y a des hommes qui refusent de se taire, même quand le silence garantit la sécurité. Norbert Zongo est de ceux-là. Son nom n’est pas seulement associé au journalisme burkinabè ; il est devenu un symbole africain de courage, de lucidité et de résistance. Parler de lui dans ce numéro de mon SUCCÈS STORIES, ce n’est pas célébrer une mort tragique, mais honorer une vie utile, une vie engagée.
Norbert Zongo n’était pas un journaliste comme les autres. Il était une conscience vivante, une voix pour ceux qui n’en avaient pas, un symbole de courage et d’engagement citoyen. Son nom résonne encore dans tout le Burkina Faso et au-delà, 27 ans après son assassinat, comme un appel à la vérité et à la justice.
Aujourd’hui, son héritage est célébré dans le pays : l’Université Norbert Zongo de Koudougou porte fièrement son nom, rappelant aux générations d’étudiants son engagement pour la liberté et la justice.

Une jeunesse marquée par l’audace
Né en juillet 1949, Norbert Zongo suit ses études à l’École régionale de Koudougou. Très tôt, il manifeste un esprit curieux et engagé. En 1964, il entre au Cours Normal de Koudougou et crée son premier journal : La Voix du Cours Normal.
Chaque matin à 4h30, il écoutait la BBC et d’autres radios pour sélectionner les nouvelles importantes, qu’il écrivait à la main sur des feuilles de cahiers et affichait avant 6h30. Pourtant, son journal scolaire fut interdit pour son ton politique, annonçant déjà son destin de journaliste engagé.Le message est clair : Norbert Zongo ne sera jamais un homme docile.
L’enseignant déterminé
Malgré les obstacles, Norbert obtient son BEPC en 1969, mais est interdit d’accès à toutes les classes de Seconde au Burkina, pour des raisons inconnues. Il devient alors instituteur-adjoint à Barsalogho en 1971, puis enseignant à Pô, où il est très apprécié des élèves et des populations.
Il poursuit ses études, obtient son baccalauréat en 1975, et s’inscrit à la Faculté de Droit à Abidjan, tout en enseignant. Son sérieux, sa discipline et son humanisme font de lui un modèle pour ses élèves et collègues.
Journalisme et exil : le courage face au danger
En 1979, il rejoint l’Institut Supérieur de Presse du Conseil de l’Entente à Lomé. Ses prises de position et son amitié avec un opposant du président Eyadema le mettent sous surveillance. Son roman Le Parachutage, critique des dictatures africaines, est intercepté par les services de renseignements.
Prévenu d’un plan d’élimination, Norbert Zongo fuit pour le Ghana dans un camion de légumes. Il échappe à la mort grâce à son intelligence, son courage et sa détermination. Même arrêté temporairement par la police ghanéenne, il réussit à expliquer la situation et à survivre.

La plume libre : L’Indépendant
De retour au Burkina, Norbert poursuit ses études de journalisme avec l’aide de Hamadou Kourouma. Après des passages dans divers journaux, il refuse une affectation imposée à Banfora et décide de créer son propre journal, L’Indépendant, en juin 1993.
L’Indépendant devient l’hebdomadaire le plus lu du Burkina Faso, célèbre pour ses enquêtes sur la corruption, les violations des droits humains et l’impunité. Norbert Zongo démontre que le journalisme peut être un instrument de justice sociale.

L’écrivain engagé
Norbert Zongo est également romancier :
- Le Parachutage : satire des dictatures africaines
- Rougbeinga : hommage à la résistance anti-coloniale
Son style, vif et parfois humoristique, transmet des messages puissants tout en captivant le lecteur.


Assassinat et héritage
Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo est assassiné avec trois compagnons, Blaise Ilboudo, Ablassé Nikièma et Ernest Zongo, alors qu’il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré.
Depuis, sa mémoire reste vivante et inspirante :
- En 2023, le buste de Norbert Zongo a été dévoilé au Centre National de Presse Norbert Zongo (CNP-NZ), érigé en son honneur.
- Sa sœur, Georgette Zongo, a rendu hommage à 25 ans de lutte pour la vérité, soutenue par la prière et l’engagement de milliers de citoyens.
- Le CNP-NZ, reconnu d’utilité publique, promeut la liberté de la presse et la démocratie au Burkina Faso et en Afrique.
- L’Université Norbert Zongo de Koudougou perpétue également son héritage, formant les jeunes générations à la réflexion critique et à l’engagement citoyen.
« Plus le temps passe, plus tu t’affirmes dans le panthéon des immortels… » – Abdoulaye Diallo, CNP-NZ

Norbert Zongo : un modèle de SUCCÈS
Norbert Zongo est ma SUCCÈS STORY parce qu’il a :
- Défendu la vérité et la justice jusqu’au sacrifice ultime
- Créé un journal libre, accessible à tous, même dans les villages reculés
- Inspiré des générations de journalistes et de citoyens à s’engager pour le droit et la liberté
- Laissé un héritage concret avec le CNP-NZ, symbole de mémoire et de résilience
« On peut tuer un homme, mais jamais ses idées. » : Norbert Zongo
Norbert Zongo vit dans chaque journal libre, chaque lutte pour la justice, chaque voix citoyenne qui refuse le silence. Sa vie rappelle que le succès ne se mesure pas seulement à ce que l’on accomplit de son vivant, mais à l’impact que l’on laisse sur les autres et sur l’histoire.
G. Patrik











