Dans cet édito, Sidkeita veut s’intéresser à un sujet sensible : l’unité de l’Afrique. Loin d’être une simple phrase, elle est un impératif pour son développement. Le prochain eldorado du monde est un continent rempli de ressources convoitées depuis très longtemps par des pilleurs de ressources, des impérialistes et des apatrides. Force est de constater que l’Afrique au lieu d’être unie par ses fils et filles reste une mosaïque de micro-États, souvent plus connectés à leurs anciennes métropoles qu’à leurs propres voisins. Plusieurs évènements prouvent clairement qu’à plusieurs reprises l’Afrique a été divisée.
On se rappelle de La cicatrice de Berlin (1884) : On n’a appris aux africains à se définir par des lignes tracées à la règle sur une carte par des gens qui n’avaient jamais foulé notre sol. Aujourd’hui encore ces résultats sont toujours visibles avec la présence des ethnies séparées et des économies extraverties.
Parlons même de la question des visas ; j’ai envie de parler même de paradoxe. Aujourd’hui encore, il est souvent plus facile pour un détenteur de passeport européen de circuler en Afrique que pour un entrepreneur africain de traverser sa propre région. Heureusement que l’AES a enclenché une nouvelle dynamique pour rétablir la réciprocité. Nos cieux sont fermés les uns aux autres, rendant le transport aérien intra-africain parmi les plus chers au monde.
L’urgence de l’unité : Une question de survie
Au regard de ce constat, l’unité est une urgence surtout à une époque ou plusieurs nations africains sont entrain de réclamer leurs véritables indépendances ; l’unité n’est donc plus un luxe, mais une nécessité absolue. Cette dynamique de souveraineté enclenchée par ces nations ne saurait aboutir tant que les africains ne seront pas véritablement soudé face aux géants comme la Chine, les USA ou l’Union Européenne.
Cette souveraineté s’exprime de plus en plus sur le plan sécuritaire. Face au terrorisme transfrontalier et aux crises climatiques, aucun État ne possède de solution isolée.
L’unité, c’est également la fin de l’exportation brute de nos richesses. C’est transformer notre coton au Burkina Faso, notre cacao en Côte d’Ivoire avec du sucre soudanais et du lait kenyan pour nourrir le marché nigérian.
COMMENT Y ARRIVER ??
Oui l’unité des africains est bien possible, l’unité de l’Afrique peut être une réalité. Pour y arriver, plusieurs projets ambitieux doivent être osés notamment l’intégration physique et numérique pour relier les capitales et pour cela construire beaucoup de routes, de rails et de câbles sous-marins.
Il est impératif de revoir également le curcila, revoir de fond en comble ce qui est enseigné dans les écoles africaines. Il est temps d’enseigner une histoire africaine qui ne commence pas à l’esclavage, mais qui célèbre nos empires, nos savants et nos victoires communes.
Sidkeita pense même qu’il faut aller jusqu’à la libre circulation effective en supprimant les visas pour tous les Africains sur le continent. Le Burkina Faso est déjà dans la dynamique en annulant tous les frais des visas d’entrée sur son territoire.
Le chemin vers l’unité est long, parsemé d’embûches politiques et d’intérêts divergents mais pas impossible. L’union doit être sacrée pour chaque africains car l’Afrique de demain se construit aujourd’hui et il appartient à chaque africains de s’aligner ou non et cela doit se faire ici et maintenant.











