Le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau, a dénoncé avec force les violences « insoutenables » survenues récemment à El-Fasher, dans la région du Darfour, au Soudan. Réagissant depuis Addis-Abeba, il a estimé que ces horreurs « auraient pu être évitées » et appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour empêcher que de telles tragédies ne se reproduisent ailleurs dans le pays.
Les besoins humanitaires restent considérables dans l’ensemble du Soudan, a rappelé le responsable du PAM, soulignant l’urgence d’une mobilisation coordonnée face à la crise.
El-Fasher : une ville ravagée par les violences
Le mois dernier, les Forces de soutien rapide (FSR) ont pris le contrôle d’El-Fasher, capitale du Darfour-Nord. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’assaut a été marqué par le saccage de l’hôpital saoudien de la ville et la mort de plus de 450 personnes.
Des témoignages de travailleurs humanitaires et de civils déplacés font état d’exécutions dans les habitations, de violences sexuelles et d’autres sévices infligés aux populations.
Depuis 2023, le conflit oppose l’armée soudanaise aux FSR deux forces autrefois alliées et les deux camps ont été accusés d’exactions massives. Selon l’OMS, les combats ont coûté la vie à au moins 40 000 personnes, tandis que l’ONU estime que 12 millions de Soudanais ont été déplacés. Les humanitaires craignent toutefois que le bilan réel soit largement supérieur.

Une aide humanitaire intensifiée pour les populations en fuite
Face à l’afflux de milliers de familles qui fuient El-Fasher pour trouver refuge ailleurs, le PAM a annoncé un renforcement de son assistance.
Carl Skau a alerté sur le fait que les populations ne meurent pas uniquement de faim, mais également de maladies liées au manque d’eau potable et d’infrastructures sanitaires : « Cette crise est immense. Nous avons besoin d’une réponse globale, à la hauteur des défis humanitaires », a-t-il insisté.











