Le gouvernement tchadien a annoncé, lundi, la fermeture immédiate de la frontière orientale avec le Soudan. La décision, rendue publique par le ministère de la Communication, intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires liées au conflit en cours chez son voisin.
Dans son communiqué, N’Djamena évoque des incursions répétées ainsi que des violations du territoire tchadien imputées aux forces engagées dans les affrontements au Soudan. Les autorités affirment vouloir éviter tout débordement du conflit sur leur sol.
Concrètement, l’ensemble des postes frontaliers est désormais fermé. Les mouvements de personnes et de marchandises sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Seules des dérogations à caractère strictement humanitaire pourront être accordées, précise le texte officiel. Le gouvernement tchadien avertit par ailleurs qu’il se réserve le droit de répondre à toute atteinte à l’intégrité de son territoire.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été communiquée par les autorités soudanaises.
Cette mesure survient après une série d’événements ayant contribué à tendre davantage les relations entre les deux pays. Fin décembre 2025, le ministère tchadien des Affaires étrangères avait rejeté avec fermeté des accusations portées devant la Cour pénale internationale par l’ONG soudanaise Priority Peace Sudan. Les autorités tchadiennes avaient alors soutenu que le pays subissait directement les conséquences du conflit opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide.
Sur le plan militaire, l’État-major général des Armées du Tchad avait également dénoncé, à la même période, une attaque de drone contre un camp basé à Tiné, dans la province du Wadi-Fira. Le bilan faisait état de deux soldats tués et d’un blessé. L’armée tchadienne avait qualifié l’incident d’incursion injustifiée et mis en garde contre toute nouvelle violation susceptible d’entraîner une riposte.
Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a provoqué un exode massif. D’après les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, près de 13 millions de personnes ont été déplacées, à l’intérieur du pays comme au-delà de ses frontières. Parmi elles, environ un million ont trouvé refuge au Tchad, accentuant la pression humanitaire et sécuritaire dans les zones frontalières.











