Une tragédie minière a frappé la République démocratique du Congo, où au moins 200 personnes ont perdu la vie à la suite de plusieurs glissements de terrain dans une mine exploitée sous le contrôle de milices.
Selon des témoins, une partie d’un versant s’est effondrée mercredi après-midi dans la zone minière de Rubaya, avant qu’un second éboulement ne survienne jeudi matin. De nombreux mineurs ont été ensevelis alors qu’ils travaillaient encore sur le site.
« Après la pluie, la terre a cédé et a emporté des gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits, et beaucoup restent encore coincés », a expliqué le mineur Franck Bolingo.
Vendredi, malgré les risques, des fouilleurs continuaient de creuser à la pelle dans l’espoir de retrouver des survivants ou de dégager les corps.
La mine de Rubaya fournit entre 15 % et 30 % de l’approvisionnement mondial en coltan, un minerai stratégique utilisé dans la fabrication d’appareils électroniques tels que les téléphones portables et les ordinateurs.
L’est de la RDC, qui détiendrait entre 60 % et 80 % des réserves mondiales de coltan, regorge également de gisements d’or et d’étain, ce qui en fait une région hautement stratégique.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe rebelle M23 a conquis de vastes territoires riches en ressources dans l’est du pays. Il a pris le contrôle de la mine de Rubaya en avril 2024, dans la province du Nord-Kivu, avec l’appui du Rwanda selon plusieurs rapports.
D’après les experts des Nations Unies, le M23 a instauré une administration parallèle pour superviser l’exploitation de la mine. La milice générerait près de 800 000 dollars par mois, notamment grâce à une taxe de sept dollars par kilo de coltan produit et commercialisé.
Les experts onusiens accusent également le Rwanda qui rejette ces accusations de soutenir le M23 afin de détourner les richesses minières congolaises.
En raison de l’insécurité provoquée par l’avancée des rebelles, plusieurs compagnies minières internationales ont temporairement suspendu leurs activités dans cette partie du pays.











