La situation humanitaire en République démocratique du Congo continue de se détériorer, en particulier dans l’est du pays, où les conflits armés, la baisse des financements internationaux et l’insécurité chronique pèsent lourdement sur les populations. Face à cette urgence, le gouvernement congolais et les Nations unies ont présenté à Kinshasa le plan de réponse humanitaire pour l’année 2026.
Les violences, notamment celles liées aux affrontements impliquant le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et l’ONU ont entraîné d’importants déplacements de population. Le pays compte aujourd’hui environ 5,3 millions de déplacés internes. À ce chiffre s’ajoutent 4,1 millions de personnes récemment retournées dans leurs zones d’origine, dont près de trois millions au cours de l’année 2025, en grande partie à la suite de la crise liée au M23.
Dans le même temps, l’insécurité complique fortement l’accès à l’aide humanitaire. La RDC demeure l’un des contextes les plus dangereux pour les travailleurs humanitaires. En 2025, treize d’entre eux ont perdu la vie et près de 700 incidents sécuritaires ont été enregistrés, sur fond de violations persistantes du droit international humanitaire et des droits humains.
À ces défis s’ajoute une forte contraction des ressources financières. Selon le coordinateur humanitaire des Nations unies en RDC, Bruno Lemarchand, les financements ont connu une chute « brutale et soudaine » en l’espace de quelques mois seulement, contraignant de nombreuses organisations à réduire, voire à suspendre, leurs activités sur le terrain.
La ministre congolaise des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Ève Bazaiba, souligne pour sa part le caractère multidimensionnel de la crise. Outre les conflits armés, le pays fait face aux effets du changement climatique et à des épidémies récurrentes, tout en devant venir en aide à des ressortissants congolais réfugiés dans les pays voisins. Elle indique avoir constaté la fermeture de plusieurs ONG, incapables de poursuivre leurs actions faute de moyens suffisants.
Face à l’ampleur des besoins, les autorités congolaises et les Nations unies appellent les partenaires internationaux à renforcer leur soutien afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire dans les mois à venir.











