Malgré l’entrée en vigueur, le 18 février, d’une trêve issue de la médiation angolaise, les affrontements ont repris dans l’est de la République démocratique du Congo entre l’armée régulière et les rebelles de l’AFC/M23.
Selon la société civile de Fizi et plusieurs sources humanitaires, plus de 200 000 civils ont fui leurs localités depuis le début du mois de février. À Uvira, des familles déplacées vivent dans des camps de fortune, confrontées à des conditions précaires et à un accès limité à l’aide humanitaire.
Dans un communiqué publié vendredi, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) accusent la coalition AFC/M23, qu’elles estiment soutenue par des forces rwandaises, d’avoir mené des attaques répétées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. De nouveaux combats ont également été signalés le dimanche 22 février.
L’armée dénonce par ailleurs des exactions contre des civils dans le Sud-Kivu, affirmant que certaines violations sont intervenues moins de 24 heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, compromettant ainsi les efforts diplomatiques engagés par le président angolais João Lourenço. Du côté des rebelles, ces accusations sont rejetées. Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, soutient que leur progression vers Goma serait la conséquence du non-respect du cessez-le-feu par Kinshasa.
À Minembwe, sur les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, des affrontements ont aussi éclaté le 22 février. D’après la société civile, ils ont opposé les Wazalendo, alliés à l’armée congolaise, aux miliciens Twirwaneho, considérés comme proches de l’AFC/M23 et soutenus par le Rwanda. À Uvira, le maire Kifara Kapenda Kyk’y affirme que le gouvernement congolais reste déterminé à poursuivre la paix, qu’il juge indispensable pour le pays. Il accuse néanmoins les rebelles de chercher à étendre leur contrôle territorial et de procéder à des pillages dans les zones occupées. Malgré ces développements, que les FARDC qualifient de tentatives visant à torpiller le processus de paix, l’armée assure maintenir une posture défensive.











