À l’approche du scrutin présidentiel prévu le 15 janvier, l’Ouganda est plongé dans une atmosphère lourde, marquée par l’inquiétude et la crispation politique. Cette élection, très attendue, oppose une nouvelle fois le président sortant Yoweri Museveni, âgé de 81 ans et au pouvoir depuis plusieurs décennies, à son principal challenger, l’opposant Bobi Wine, comme lors du précédent scrutin de 2021.
Selon Amnesty International, la période électorale est entachée par une vague de répression dirigée contre l’opposition. Dans un rapport rendu public ce lundi, l’organisation de défense des droits humains accuse les autorités de mener une campagne violente visant Bobi Wine et les militants de la Plateforme de l’unité nationale (NUP). Depuis le lancement officiel de la campagne électorale à la fin du mois de novembre, les rassemblements de l’opposition auraient été systématiquement dispersés par la force.
L’ONG fait état d’un usage excessif de la violence par les forces de sécurité, incluant des actes de torture et de nombreuses interpellations jugées arbitraires. Ces interventions musclées auraient provoqué des blessures parmi les participants et, dans certains cas, entraîné des pertes en vies humaines. Amnesty rapporte notamment qu’un militant du NUP a trouvé la mort à la fin du mois de novembre, lors d’une opération policière visant un rassemblement politique.
Sur les réseaux sociaux, Bobi Wine dénonce régulièrement les violences dont lui-même et ses partisans seraient victimes, affirmant que ces abus se produisent dans un climat d’impunité. Aucune action corrective notable n’aurait, selon lui, été engagée par les autorités.
Deux événements survenus dans les localités de Kawempe et d’Iganga, respectivement les 24 et 28 novembre, ont particulièrement alimenté la controverse. La police ougandaise a défendu son intervention, affirmant que des manifestants avaient attaqué les forces de l’ordre à coups de pierres et endommagé des véhicules. Des versions que les organisations de défense des droits humains contestent fermement.
Amnesty International indique par ailleurs qu’au moins 400 personnes ont été interpellées ces derniers mois en raison de leur proximité ou de leur soutien au NUP. Les charges retenues contre elles incluraient notamment la destruction de biens publics ou privés et l’incitation à la violence, des accusations que l’ONG considère comme largement instrumentalisées à des fins politiques.











