Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major des Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF), est une figure centrale de l’appareil sécuritaire du pays. Fils du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quarante ans et récemment réélu pour un septième mandat à 81 ans, il est régulièrement présenté comme un possible successeur. Le général est également connu pour ses prises de position tranchées et souvent controversées sur les réseaux sociaux.
Vendredi, il a provoqué une vive polémique en annonçant sur le réseau social X la rupture des relations avec les États-Unis. Il accusait l’ambassade américaine à Kampala de soutenir l’opposition, notamment Bobi Wine, leader contestataire porté disparu depuis les élections du 15 janvier. Selon lui, la représentation diplomatique aurait aidé à dissimuler l’opposant, entré en clandestinité après une tentative d’arrestation par l’armée.
Ces accusations ont toutefois été rapidement suivies d’un revirement. Moins d’une heure après ses déclarations, Muhoozi Kainerugaba a supprimé ses messages et présenté des excuses publiques. « Je tiens à m’excuser auprès de nos grands amis américains pour mes précédents tweets », a-t-il écrit, reconnaissant s’être appuyé sur des informations erronées. Il a ajouté avoir échangé avec l’ambassadeur des États-Unis en Ouganda et assuré que les relations entre les deux parties étaient revenues à la normale.
Avant cette rétractation, le chef de l’armée avait annoncé la suspension de toute coopération avec l’ambassade américaine, y compris en Somalie, où l’Ouganda constitue le principal contingent de la coalition internationale engagée contre les groupes islamistes armés.
De son côté, Bobi Wine continue de dénoncer un « vol flagrant » du scrutin. La semaine précédente, Muhoozi Kainerugaba avait également tenu des propos particulièrement virulents à son encontre, affirmant que ses forces avaient tué une trentaine de ses partisans et arrêté près de 2 000 personnes depuis les élections.











