Point de repos pour la corruption qui a la peau dure au Burkina Faso, le sommeil de ceux qui s’adonnent à la corruption est tourmenté, les pots de vins commencent à se faire rare ; le Korag est partout sans exception.
En circulation, des les centres de santé, tout est passé au zoom par l’œil invisible du Korag, il entend, il voit, il enregistre et les preuves sont palpables. Bras armé de la veille citoyenne et de l’intégrité, il dégaine une arme redoutable : la caméra cachée.
Fini le temps des rapports poussiéreux et des dénonciations anonymes sans suite ; place à la preuve par l’image, brute et indiscutable. L’innovation est radicale. Le Korag ne se contente plus d’attendre les plaintes derrière un bureau. Ses agents, désormais équipés de dispositifs de captation invisibles, s’invitent là où la corruption se négocie dans le murmure : bureaux administratifs, postes de contrôle, ou arrière-boutiques des marchés publics. La méthode semble marché, plusieurs actes de corruption sont déjà mis en nus par ce comité qui semble déterminé à mettre à terre la corruption au Burkina Faso.
Camera cachée : impact non négligeable
L’introduction de la caméra cachée n’est pas qu’un gadget technologique, c’est un choc psychologique nécessaire car elle permettra d’avoir des preuves visuelles montrant clairement des actes de corruption là où on s’y attend le moins d’échange de liasses ou de sollicitation indue. Cette introduction a également un effet dissuasif dans ce sens que si le corrupteur ou le corrompu pense qu’il peut être filmé à tout moment par n’importe qui, la peur du scandale devient plus forte que l’appât du gain.
L’un des aspects les plus intéressants est la restauration de la confiance de plusieurs burkinabè. Ils sont nombreux en effet à avoir perdu confiance sur plusieurs aspects pour le fait d’avoir été victimes de corruption. Pour le Burkinabè moyen, voir que des têtes tombent grâce à des preuves tangibles renforce le sentiment que « plus rien ne sera comme avant ».
Le revers de l’objectif : Les limites de l’œil invisible
Cependant, si l’enthousiasme est légitime, la prudence reste de mise. Cette arme à double tranchant comporte des zones d’ombre non négligeables.
L’un des plus grands défis demeure le cadre juridique : La recevabilité de ces preuves devant les tribunaux reste un défi. Une vidéo obtenue sans le consentement de la personne peut-elle tenir face à un avocat rigoureux ? Le risque est de voir des coupables libérés pour vice de procédure.
Sans oublier qu’il faut un suivi rigoureux pour éviter que le virus de la corruption n’atteigne les « surveillants » et que l’outil ne devienne pas un moyen de chantage ou de règlement de comptes politiques.
Le patriotisme appelé à la barre
Dommage que le Burkina en arrive à là pour lutter contre ce fléau qui tire le pays des hommes intègres vers le bas. L’intégrité devrait être la chose la mieux partagée pour un pays en quête de sa souveraineté. Le développement d’une nation dépend du niveau de patriotisme de chaque citoyen de cette même nation. Le Burkina a enclenché une nouvelle dynamique et chaque burkinabè est interpellé pour l’aboutissement de cette dynamique. La révolution progressiste populaire ne peut se faire avec des corrupteurs et des corrompus.
L’œil du Korag est un électrochoc salutaire. Il brise l’omerta et rappelle que l’impunité a désormais un témoin silencieux. Mais pour que cet antidote soit durable, il devra s’accompagner d’une réforme profonde de la justice et d’un cadre légal qui transforme ces images en condamnations fermes.











