Succès stories de cette semaine dépose ses valises au Cameroun. Cette rubrique tend son micro à une figure bien connue de la politique camerounaise. Avec plus d’une quarantaine d’années de lutte sans merci, aujourd’hui encore il est plus que déterminé pour le changement radical de son pays et l’alternance sans faille. Refugié au Burkina Faso depuis 2005, un pays qu’il considère comme sa « deuxième patrie », son histoire est celle d’un engagement politique profond qui se poursuit loin de ses terres, mêlant idéologie révolutionnaire, sacrifices personnels et succès entrepreneurial au service d’une vision panafricaniste. Allons à la rencontre de Léandre DJINO ou encore le camarade Lamine.

Qui est-il exactement ?
Léandre DJINO est le Fils de l’ancien politique Louis Edmond DJINO, ancien prisonnier politique de l’ancien président camerounais Ahmadou AHIDJO en 1976.
En 1990, après le discours de la baule, suivi des conférences nationales souveraines, Léandre DJINO impacte la sphère politique camerounaise.
En 1991, Il occupe le poste de secrétaire général de CAP LIBERTE, une organisation pro démocratique, qui était la cheville ouvrière et animatrice principale des villes mortes au Cameroun de 1991 à 1993, ce qui va le conduire en prison.
En 2002, Léandre DJINO crée son parti « Nouvelle force populaire », après avoir été l’un des principaux dirigeants du MANIDEM ou il a été candidat tête de liste pour être maire en 1995 et 1997, candidat tête de liste pour être député.
En 2004, il devient le président du comité politique du front des forces alternatives, qui est un regroupement des partis de gauche.
Dans la même année, Léandre DJINO organise une tentative de renversement du régime de Paul BIYA et par la suite trouve refuge au Burkina Faso.
Plusieurs autres tentatives de renversement du régime de Paul BIYA ont été organisées respectivement en 2007 et 2008.
Depuis le 21 Septembre 2006, il est le président du Conseil Révolutionnaire pour la Libération du Cameroun.
CAMARADE DJINO, MODÈLE DE RÉSISTANCE ET DE TENACITÉ
Il faut noter que depuis plus d’une vingtaine d’année, le camarade Lamine n’a accordé aucune interview aux médias nationaux comme internationaux. Ce n’est que le 09 octobre dernier que ses partisans et l’ensemble des camerounais ont pu le voir dans une interview exclusive qu’il a accordé à une télévision Burkina d’une grande audience. Approché par notre équipe de la rédaction, le camarade lamine à laisser entendre que la lutte ne s’était jamais arrêtée même pendant son exil et qu’il avait toujours des partisans sur place au Cameroun qui mènent la lutte. Il a d’ailleurs confié lors de son interview que deux de ses enfants portent les noms de deux grandes figures emblématiques de la révolution africaine notamment Nelson MANDELA et Thomas SANKARA.

L’UN DES ACTEURS MAJEUR DANS LE COMBAT POUR L’ALTERNANCE AU CAMEROUN
Le camarade Lamine s’est toujours opposé au régime BIYA qui dure maintenant 43 ans. « Le pouvoir de Paul Biya est fondé sur trois piliers : le tribalisme, la corruption et la répression. Le Cameroun, avec plus de 260 ethnies, est un pays où Paul Biya a exacerbé les divisions, menaçant le pays d’une guerre civile. La répression y est particulièrement féroce, avec des tirs à bout portant sur la population. » a-t-il laissé entendre avant d’ajouter que : « Paul Biya. Biya, au pouvoir depuis 1982 a détruit le pays (le Cameroun), pillé toutes les ressources, et tué les enfants du pays ».
A la question de savoir si Paul BIYA était influencé par son entourage, L’opposant camerounais rejette l’idée selon laquelle Paul Biya serait pris en otage par son entourage. Il affirme que Biya est lui-même le problème. Il soutient d’ailleurs que les résultats réels de la dernière élection présidentielle accordaient à Paul Biya moins de 32 % des voix.

LA RÉVOLUTION COMME SEULE SOLUTION
Selon Léandre DJINO, les élections en Afrique ne permettent pas le changement, mais sont plutôt des catalyseurs et foires de corruptions multiformes, et des vecteurs de divisions ethniques et tribales et pires des fervents de la guerre civile.
« Le Cameroun doit être dirigé par un groupe révolutionnaire avec une vision stratégique claire et un programme révolutionnaire complètement orienté vers une économie nationale de développement et bien notamment pour la satisfaction des masses populaires et la défense des intérêts du Cameroun. Notre organisation le Conseil Révolutionnaire pour la Libération du Cameroun, CRLK est pour le moment la seule qui propose un programme révolutionnaire et précis. » S’exclame-t-il avec assurance.
Il aspire à ce que le Cameroun s’unisse et se joigne aux blocs panafricains. Il espère que le Cameroun rejoindra l’AES, l’Alliance des États du Sahel et qu’il entraînera rapidement le Tchad, la RCA, le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale afin de créer un bloc de développement continental.

SUCCÈS ENTREPRENEURIAL ET VISION POUR LE CONTINENT
Léandre DJINO a trouvé au Burkina Faso un environnement accueillant ou il a vécu dans la plus grande discrétion depuis 2005 jusqu’en 2025 avant de briser le silence sur les médias.
Il s’est lancé dans les affaires et partage la vision stratégique du gouvernement Burkinabé, qui prône la transformation locale des produits pour créer des emplois. Il est aujourd’hui homme d’affaire et chef de plusieurs entreprises et emploie plusieurs jeunes.
L’APPEL EST LANCÉ A TOUTE LA JEUNESSE AFRICAINE
En tant que panafricaniste, il appelle les jeunes Africains à comprendre que le continent africain regorge de nombreuses potentialités et deviendrait même l’eldorado dans les prochaines années si tous les africains s’y mettent « Il est du devoir de chaque africain d’investir massivement dans les pays africains afin de favoriser l’intégration africaine. Pour y arriver, il est essentiel que les gouvernants donnent de l’espoir, créent des emplois et offrent des formations à la jeunesse. »
L’histoire de Léandre Dino rappelle que la quête de la souveraineté africaine et la construction d’un avenir économique stable sont deux faces d’une même pièce, illustrant que même en situation d’exil, la flamme du militantisme peut s’allumer dans le moteur de l’entrepreneuriat.











