Dans plusieurs éditos de ce même journal, nous avons abordé des sujets d’actualité à même de contribuer efficacement au réveil de l’Afrique et à l’éveil de conscience de la jeunesse africaine. Nous pouvons faire un recul et voir combien de personnes se sont véritablement intéressées à ce qui est écrit ? combien de jeunes africains ont pris connaissance du contenu des sujets abordés ? Pourtant on ne cesse de voir des jeunes africains qui se proclament révolutionnaire, panafricains avec des slogans à n’en pas finir. Malheureusement au-delà de ces slogans, aucune action concrète n’est menée souvent pas par volonté mais tout simplement parce qu’il manque de la matière. L’autre disait ceci « si tu veux cacher quelque chose à un africain, met la dans un livre. »
Il est donc plus que nécessaire aujourd’hui d’accorder la place qu’il mérite au livre et à la lecture si nous voulons véritablement avoir notre souveraineté dans tous les domaines.
Le livre est bien plus qu’un simple recueil de mots, c’est l’arme de construction massive la plus puissante, le levier de notre réveil.
Pour l’Afrique, il est à la fois un miroir de son histoire, de ses luttes et de ses gloires passées, et un manifeste pour son avenir.
La lecture : un impératif pour le réveil de l’Afrique
De nos jours on constate que la lecture est beaucoup plus prisée par les jeunes enfants ou encore les personnes du 3e âge. Pourtant elle est une arme puissante pour booster les compétences des braves africains encore active sur qui repose l’avenir de ce continent en quête de souveraineté. Lire, c’est s’armer de la connaissance nécessaire pour démanteler les mythes persistants, qu’ils soient coloniaux ou auto-entretenus. C’est acquérir l’esprit critique, la capacité d’analyser, de remettre en question, et surtout, de proposer des solutions africaines aux problèmes africains. Cela se démontre aisément par des géants de la littérature en Afrique qui ont utilisé leur compétence pour contribuer à la transformation en Afrique.
Des écrivains qui resterons gravés à jamais dans la mémoire africaine
Chinua Achebe (Nigéria) : Son œuvre monumentale, Things Fall Apart (Le Monde s’effondre), n’a pas seulement raconté l’histoire de l’arrivée du colon. Elle a magistralement détruit la perception occidentale d’une Afrique sans histoire et sans culture, réaffirmant la dignité et la complexité des sociétés précoloniales.
Cheikh Anta Diop (Sénégal) : Avec des ouvrages comme Nations nègres et culture, il a mené une véritable bataille scientifique pour la réhabilitation de l’histoire africaine, plaçant l’Égypte antique au cœur de la civilisation noire. Ses écrits sont des outils de restauration de la fierté identitaire et de l’historicité du continent.
Ngũgĩ wa Thiong’o (Kenya) : En choisissant d’écrire dans les langues africaines, il a fait de la littérature un acte politique majeur, un appel vibrant à la décolonisation de l’esprit et à la valorisation de l’héritage linguistique et culturel africain.
Et si on adoptait le livre ?
Des efforts sont faites par l’ensemble des gouvernements en Afrique pour la culture de la lecture. Au Burkina Faso, les rideaux de la 18e édition de la foire internationale du livre de Ouagadougou à refermer ses rideaux ce 30 novembre 2025.
Il est temps que l’Afrique raconte elle-même sa propre histoire, il est temps que l’Afrique quitte l’ignorance des livres et se reconstruise pour son auto-détermination c’est-à-dire mieux comprendre ses mécanismes économiques, et ceux politiques et technologiques du monde.
L’Afrique ne doit plus être seulement de simples spectateurs ou consommateurs passifs, elle doit s’accaparer de cette richesse, élever la qualité du débat public, exiger une meilleure gouvernance et alimenter le creuset de l’innovation.
Adoptons le livre, qu’il soit en version papier ou numérique car il est l’arme de notre souveraineté intellectuelle, l’arme secrète du réveil qui n’attend que d’être brandie.











