Cette semaine, African Identities prend de la hauteur, vers le toit de l’Afrique. Là, entre ciel et savane, se dresse le Kilimandjaro, montagne de légendes, gardien des esprits et fierté d’un continent. Sacré pour les Chagga, admiré par le monde entier, ce géant de glace et de larve raconte une Afrique puissante, spirituelle et résiliente. Un voyage au sommet, là où la terre touche le ciel.

Une montagne qui touche le ciel
Dressé entre le Kenya et la Tanzanie, le Kilimandjaro domine l’Afrique de toute sa majesté. Avec ses 5 895 mètres, il est le plus haut sommet du continent, un géant endormi formé de trois volcans à savoir Kibo, Mawenzi et Shira.
Visible à des centaines de kilomètres, sa silhouette enneigée se dresse comme un phare au-dessus des savanes, symbole de puissance et de mystère.
“Le Kilimandjaro, c’est l’Afrique qui tutoie le ciel.”
Lieu de rêves et de défis, il attire des milliers de visiteurs venus du monde entier pour fouler ses sentiers et contempler, depuis le toit de l’Afrique, l’immensité du monde.

Le cœur spirituel des peuples Chagga
Bien avant d’être une destination touristique, le Kilimandjaro est un lieu sacré pour le peuple Chagga, qui vit sur ses pentes fertiles.
Dans leurs récits, la montagne est la demeure des ancêtres, le siège des esprits protecteurs et la source de vie qui nourrit les rivières.
Les Chaggas racontent que les neiges du sommet abritent la bénédiction divine : “Celui qui respecte la montagne, la montagne lui rendra sa force.”
À travers tout le continent, le Kilimandjaro symbolise l’élévation : physique, spirituelle et morale. Il incarne cette Afrique qui s’élève, qui persiste, qui rayonne.

Un trésor écologique menacé

Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, le Kilimandjaro abrite une biodiversité exceptionnelle.
Ses flancs offrent une succession d’écosystèmes tels que les forêts tropicales, les zones alpines, les landes, puis les neiges éternelles.
On y rencontre colobes noirs et blancs, éléphants, des girafes, léopards, buffles, et plus de 180 espèces d’oiseaux.
Mais le symbole d’éternité s’effrite. En un siècle, plus de 80 % des glaciers du sommet ont disparu.
Les scientifiques redoutent que, d’ici quelques décennies, les fameuses “neiges du Kilimandjaro” ne soient plus qu’un souvenir.
Une urgence écologique qui dépasse les frontières : sauver le Kilimandjaro, c’est préserver un pan entier du patrimoine africain.

Entre tourisme et préservation
Chaque année, plus de 40 000 aventuriers se lancent à l’assaut du géant.
Cette activité fait vivre des milliers de Tanzaniens guides, porteurs, cuisiniers, artisans qui connaissent la montagne mieux que quiconque.
Des initiatives locales, portées par des ONG et des communautés Chagga, œuvrent pour un tourisme durable entre autres ; limitation des déchets, sensibilisation des randonneurs, reforestation. Car gravir le Kilimandjaro, c’est aussi apprendre à le respecter.

Le mythe vivant
De Hemingway à Miriam Makeba, le Kilimandjaro a inspiré artistes, écrivains et rêveurs.
Il reste un symbole de grandeur, de fierté et de résilience africaine.
Face au ciel, il rappelle à tous que l’Afrique ne se limite pas à ses plaines : elle s’élève, fière et indomptable.
“Le Kilimandjaro ne domine pas seulement les paysages. Il domine les imaginaires.”
Et tant que ses neiges brilleront, même timidement, le mythe restera vivant.












