Depuis décembre, les affrontements se sont intensifiés dans l’État du Jonglei, opposant les forces loyales au président Salva Kiir aux milices proches de son rival Riek Machar. Cette nouvelle flambée de violences aurait déjà provoqué le déplacement d’environ 280 000 personnes, selon les Nations unies, qui alertent également sur des attaques visant des civils près de la frontière avec le Soudan.
C’est dans ce contexte d’insécurité grandissante que vingt-six employés de Médecins Sans Frontières (MSF) sont actuellement sans nouvelles. L’ONG a annoncé, le lundi 2 mars, avoir perdu le contact avec ces membres de son personnel, qui faisaient partie des 291 agents déployés dans la région. Ils intervenaient principalement dans les villes de Lankien et Pieri, récemment touchées par de violents combats.
D’après MSF, l’hôpital de Lankien a été endommagé par une frappe aérienne gouvernementale au début du mois de février, tandis que le centre de santé de Pieri a été attaqué par des hommes armés non identifiés. Face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire, les équipes ont évacué les installations. Certains travailleurs humanitaires se seraient réfugiés dans des zones isolées, avec un accès limité à l’eau, à la nourriture et aux services essentiels. La faible connectivité dans ces zones rend les communications difficiles, mais l’organisation reste très inquiète pour leur sécurité.
Le chef de mission de MSF au Soudan du Sud, Yashovardhan, a dénoncé une situation intolérable, rappelant que les structures médicales et leur personnel ne devraient jamais être pris pour cibles. En raison de l’insécurité persistante, l’ONG a suspendu ses activités à Lankien et Pieri, privant des centaines de milliers de personnes de soins vitaux, et affirme mobiliser tous les moyens nécessaires pour rétablir le contact avec ses employés disparus et soutenir leurs familles.
MSF souligne enfin que ses installations ont été visées à dix reprises au cours des douze derniers mois, un chiffre qui témoigne de la menace croissante pesant sur les humanitaires et les populations civiles dans cette région en crise.











