Dans un territoire durement éprouvé par des mois de conflit, l’entrée de convois d’aide humanitaire à Gaza marque un tournant attendu. Mardi, des camions transportant des vivres et des produits de première nécessité ont franchi le point de passage de Rafah, à la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza, après l’annonce par Israël de la réouverture de cet axe vital reliant le territoire au monde extérieur.
Cette réouverture était particulièrement attendue par les populations palestiniennes. Elle intervient après la restitution, lundi, de la dépouille du dernier otage retenu à Gaza, Ran Gvili. L’ouverture du passage de Rafah, auparavant sous contrôle égyptien avant le déclenchement de la guerre, est perçue comme le signal du lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis, bien qu’elle ait initialement été réclamée dès la première phase des discussions.
Sur le plan opérationnel, les camions entrés par Rafah ont été redirigés vers le poste-frontière de Kerem Shalom, où ils doivent être inspectés par les autorités israéliennes avant d’obtenir l’autorisation finale d’entrer dans la bande de Gaza. Ce processus conditionne l’acheminement effectif de l’aide vers les populations civiles.
Parmi les acteurs mobilisés, des chauffeurs témoignent de leur engagement humanitaire. Mohammad Salim, l’un d’eux, a exprimé sa solidarité avec les habitants de Gaza, affirmant son espoir de pouvoir contribuer à soulager leurs souffrances. « Nous ne pouvons pas nous passer d’eux, et ils ne peuvent pas se passer de nous. Gaza et nous formons un seul peuple, une seule famille », a-t-il déclaré.
Malgré cette avancée, de nombreuses incertitudes subsistent. Les autorités n’ont pas encore précisé si le passage de Rafah permettra une circulation régulière des biens et des personnes à l’entrée et à la sortie de ce territoire ravagé. Selon les Nations unies, la bande de Gaza, dont une grande partie est réduite en ruines, a un besoin urgent et massif de carburant, de nourriture, de médicaments et d’abris. Si une partie de l’aide commence à entrer, des centaines de camions restent stationnés depuis des mois aux abords des points de passage, dans l’attente d’un feu vert définitif.











