L’Agence de Soutien aux Veuves, Orphelins et Victimes de Guerre (ASVOVIG) a échangé avec la presse ce 26 février 2026 afin d’éclairer l’opinion sur ses missions et sur les récentes mesures encadrant l’accompagnement des familles des Forces de défense et de sécurité (FDS) tombées en opération.
Face aux journalistes, le Directeur général, le Médecin Colonel Lamine OUEDRAOGO, est revenu en détail sur les nouveaux décrets adoptés en Conseil des ministres le 22 janvier 2026. Ces textes portent notamment sur l’indemnisation et la délégation de solde au profit des Forces armées nationales, des Forces de sécurité intérieure ainsi que de leurs ayants droit.
Des définitions clarifiées

D’entrée, le Médecin Colonel OUEDRAOGO a tenu à préciser les notions qui fondent l’action de l’Agence. Est reconnue comme veuve toute femme ayant perdu son époux dans le cadre d’un conflit et ne s’étant pas remariée. L’orphelin désigne tout enfant ayant perdu son père, sa mère ou ses deux parents issus des FDS. Quant à la victime de guerre, il peut s’agir d’un militaire ou paramilitaire affecté physiquement ou psychologiquement par un conflit armé, que ce soit par des blessures, des maladies, des pertes matérielles ou des traumatismes liés au service.
Mariage civil et droits à indemnisation
La question du mariage civil a suscité de nombreuses interrogations. Sur ce point, le Directeur général a insisté sur l’importance du statut légal pour l’ouverture des droits financiers, afin de rester en conformité avec les textes en vigueur.

Toutefois, l’ASVOVIG adopte une approche plus souple dans l’accompagnement social et psychosocial. Une femme non légalement mariée à un agent décédé, mais mère de son enfant, peut ainsi bénéficier d’un soutien, notamment si elle en assume la charge. En cas de filiation reconnue, l’enfant peut prétendre à une part de l’indemnisation.
L’Agence encourage néanmoins les couples à régulariser leur union par le mariage civil afin d’éviter d’éventuels blocages administratifs au moment de faire valoir leurs droits.
La délégation de solde encadrée
Autre point majeur : la délégation de solde. Ce dispositif permet le versement du salaire du défunt à ses ayants droit pendant une période déterminée. Selon les nouvelles dispositions, la mesure s’étend sur cinq ans. Les deux premières années donnent droit à l’intégralité du salaire. Les trois années suivantes, la somme est réduite de moitié.

En cas de remariage de la veuve, la délégation de solde prend fin pour celle-ci, le principe étant que la constitution d’un nouveau foyer implique un nouveau soutien. Les droits des enfants, en revanche, restent garantis. Des mécanismes de contrôle sont prévus pour vérifier les situations déclarées, notamment en cas de remariage ou de concubinage établi.
Disparitions : une procédure désormais définie
Un autre décret vient encadrer les cas de personnels portés disparus. Une période de recherche d’un an est observée à compter de la déclaration de disparition. Si aucune information n’est obtenue au terme de ce délai, une procédure officielle peut conduire à la déclaration de décès, permettant ainsi aux familles d’accéder aux indemnisations prévues.
Le Médecin Colonel OUEDRAOGO a reconnu la dimension humaine particulièrement sensible de ces situations. Certaines familles éprouvent des difficultés à accepter l’idée d’un décès sans preuve formelle. L’ASVOVIG privilégie alors un accompagnement individualisé, intégrant parfois ces proches aux activités de soutien en attendant l’issue des démarches administratives.
Un dispositif déjà opérationnel
Sur le terrain, l’Agence affirme avoir déjà mobilisé 119 formateurs spécialisés en santé mentale et en soutien psychosocial. Des missions ont été menées dans cinq régions militaires pour sensibiliser, écouter et accompagner les bénéficiaires.
Organe de coordination interministérielle, l’ASVOVIG a pour vocation d’harmoniser les initiatives publiques en faveur des veuves, des orphelins et des victimes de guerre issues des Forces de défense et de sécurité. À travers ces nouveaux décrets, les autorités entendent corriger les insuffisances des textes antérieurs et renforcer la protection juridique et sociale des ayants droit.










